‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 77 sur 89 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

FAVSTE, CORNELIE.

FAVSTE.

H! cette cruauté me perce iusqu'à Tame, Est-il rien de pareil?

CORNELIE.

Ne pleurez point, Madame,

DE CHRISPE. 55

FAVSTE.

Ah! ce trait de rigueur me blesse au dernier point : Et tu me dis encor que ie ne pleure point; Ne vois-tu pas que Chrispe en faucur de Constance, M'a prez de TEmpereur fait voir mon impuissance? Qu'il s'est rendu contraire à tout ce que i'ay dit, Et contre ma faueur fait lutter son crédit? O dure ingratitude! ô noire perfidie!

Qu'il faut que dans Tenfer vn meschant estudie. Et que iamais esprit ne sçauroit conceuoir Qu'inspiré des démons du souffle le plus noir. Quoi? i'aime donc ce Fils à Tesgal de son père, A mes propres enfans mon amour le préfère, Mon ame à l'estimer s'accorde auec mes yeux, Et contre la Nature, et contre tous les Dieux, Et luy du mesme temps par vne erreur extrême, Pour nous contrarier est contraire à luv-mesme? Se met dedans les fers pour nous mieux oppresser, Et luy-mesme se tuë afin de nous blesser?

On ouvre, i'oy du bruit.

FAVSTE.

Ah! mon trouble est extrême.

Que ie le hay, grands Dieux! ou plutost que ie Taime Que n'ai-je des appas à changer son dessein? Ou que n'ai-je vn poignard pour lui percer le sein? Mes yeux, qu'il est charmant! mon cœur, qu'il est horrible !

Que ie suis indulgente, et que ie suis sensible : Pour nous laisser parler esloigne vn peu tes pas : Mais, i'ay besoin de toi, ne te retire pas.

Ici finit le labeur typographique de madame Lucie GIRx\RD , frappée par la mort, en pleine force et en pleine jeunesse, le i8 mai 1904.

DE CHRISPE.

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