‹ ThéâtreChapitre 62 sur 96 · HERODE, L'EVNVQVE, LE GRAND PREVOST · texte numérisé non relu

HERODE, L'EVNVQVE, LE GRAND PREVOST

HERODE

HOrreur de la Nature et le mespris des Cieux ! Monstre sans iugement, Dragon pernicieux, le t'auois confié le trésor le plus rare, Dont auecque raison ie pouuois estre auare. Tu donnas cependant assistance au voleur, Tu seruis de Ministre à mon dernier malheur. Tu fus le confident de ce bel Adultère, Tu connus ceste intrigue et me la sceus bien taire. Quand Soesme en mon lit contentoit son amour. Tu fermois les rideaux et veillois à Tentour : Ainsi tu ménageois le temps de mon absence?

L EVNVQVE.

Sire, vn Dieu tout-puissant qui connoist l'innocence Pourra faire cognoistre à vostre Majesté Comme ie Tay seruie auec fidélité.

HERODE

Auec fidélité, meschant? Que l'on l'entraine, Et que iusqu'à la mort on l'applique à la gesne : Il descouurira tout au plus fort du tourment. S'il n'est fortifié par quelque enchantement.

WW ^

ARGVMENT

DV

Q.VATRIESME ACTE.

I. Herode se trouue agité d'vne cruelle inquiétude; il doute de la pudicité de Mariane; croit qu'elle s'est voulu deffaire de luy : qu'elle peut encore attenter sur sa vie, et ne peut pourtant se résoudre à la faire mourir. 2. Tandis que son esprit troublé de crainte et d'amour est comme en balance entre la Clémence et la Justice, Pherore et Salome ioints ensemble le font pancher du costé de la rigueur. 3. Mariane se plaint de ses malheurs, ayant despressentimens de sa mort, et s'y résout auec beaucoup de constance. 4. Sa mère luy dit des injures, la voyant aller au supplice : et croit par ce stratagème cruel oster le soupçon qu'on auroit qu'elle fust complice de l'attentat.

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