‹ ThéâtreChapitre 87 sur 96 · SCENE IIÏ · texte numérisé non relu

SCENE IIÏ

SABINE, SEVINVS.

SABINE

E bien! que ferons-nous aux Vsuriers auares? Faut-il pas les traiter ainsi que des barbares?

SEVINVS.

En leur tenant rigueur, on ne leur feroit rien,

Que ce qu'ils font souffrir pour accroistre leur bien.

SABINE

Que ie hay leur commerce et leur sale pratique;

SEVINVS.

C'est comme vne vermine en vne Republique; Vne rouille secrette attachée aux Maisons, Qui les fait succomber par mille trahisons.

SABINE

Tu me donnes horreur de ces âmes mal nées. Qui vendent la longueur des mois et des années.

SEVINVS,

L'Vsurier met à prix les heures et les iours, Comme si du soleil il dispensoit le cours.

SABINE

Si de si sales mains auoient formé les Astres, Nous nous verrions sujets à beaucoup de desastres. César veut de leur joug tirer les Sénateurs.

SEVINVS.

Il doit de ce fléau garder ses seruiteurs.

SABINE

Pour ton interest seul il en aura mémoire.

SEVINVS.

Il s'en peut souuenir seulement pour sa gloire, Qui, souffrant ces abus, viendroit à se ternir;

SABINE

Il sort du Cabinet : tu peux l'entretenir.

DE SENEQVE. 65

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