SCÈNE VI
LES CHASSEURS, LE iMAHÉCHAL DES LOGIS, LE TROMPETTE.
LE MARÉCHAL DES LOGIS. Je VOUS remercie. Nous voi.s ferons place de bon cœur. Soyez les bienvenus en Bohème! PREMIER CHASSEUR. Vous êlcs îcl Ics pieds chauds.
lî LE CAMP DE WALLENSTEIN
Pendant ce temps, nous étions mal à l'aise en pays ennemi.
LE TROMPETTE. On ne s'en aperçoit pas, vous avez bonne mine.
LE MARÉCHAL DES LOGIS. Oui, oui, et dans le district de la Saale et de Meissen, on lie vous loue pas trop, messieurs.
SECOND CHASSEUR. Laisscz donc! Qu'est-ce que cela signifie? Les Croates agissent bien autrement; nous ne pouvions que glaner après eux.
LE TROMPETTE. Vous avcz pourtant une jolie dentelle à votre jabot, et de belles chaussures, du linge fin, un chapeau à plumes ; tout cela est d'un bon eilet. Faut-il que le bonheur n'arrive qu'à ces gaillards-là, et jamais à nous !
LE MARÉCHAL DES LOGIS. En revanche, nous sommes du régiment de Friedland ; on doit nous honorer et nous respecter.
PREMIER CHASSEUR. Ce n'cst pas un compliment que vous nous faites là. Nous aussi nous portons son nom.
LE MARÉCHAL DES LOGIS. Oui, VOUS faites aussi partie de la masse.
PREMIER CHASSEUR. Vous figurcz-vous être une race à part? Toute la différence est dans l'habit, et moi je me trouve bien dans le mien.
LE MARÉCHAL DES LOGIS. Écoutcz, chasscurs, j'en suis fâché pour vous ; mais vous vivez toujours avec le paysan, et le bon ton et les belles manières, cela ne s'apprend qu'auprès de la personne du général.
PREMIER CHASSEUR. La Icçou ne vous a pas profité. Vous avez appris comme il se mouche, comme il crache; mais son génie, son esprit, ce n'est pas à la parade qu'on apprend à le connaître.
SECOND CHASSEUR. Tonucrre de Dieu ! partout où nous avons passé, demandez si on ne nous appelle pas les terribles chasseurs de Friedland. Ah ! nous ne faisons