‹ ThéâtreChapitre 12 sur 286 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

pas honte à son nom. Nous marchons hardiment à travers les contrées ennemies et amies, à travers les semailles et les moissons. On connaît la trompette des chasseurs d'k'bolk. Tantôt près, tantôt loin, prompts comme le déluge, en un instant nous sommes là. Au milieu de la nuit, quand personne ne veille, nous tombons dans les maisons comme le feu. Il n'y a pas à se défendre nia fuir; il ne s'agit plus d'ordre ni de discipline. La guerre n'a point de pitié ; la jeune fille a beau se débattre dans nos bras nerveux. Demandez seulement, je ne dis pas cela pour nous vanter, demandez à Baireuth et en Westphalie ; partout où nous avons passé, les enfants et les petits-enfants parleront dans cent ans et dans cent ans encore d'Ibolk et de sa troupe.

LE MARÉCHAL DES LOGIS. Vojcz un pcu ! mais ce n'est pas cela, le tapage et le tumulte, qui fait le soldat ; c'est le temps, la réflexion, l'habileté, la conception, le coup d'œil.

PREMIER CHASSEUR. G'est la liberté. Avec toutes vos balivernes, je ne devrais pas seulement vous répondre. Est-ce que j'aurais quitté l'école et la leçon pour retrouver dans un camp la corvée, la galère, le bureau et les murailles étroites? Je veux être libre et ne rien faire, voir tous les jours du nouveau, m'abandonner avec joie au moment, et ne regarder ni en avant ni en arrière. J'ai vendu ma peau à l'empereur, afin de n'avoir plus auoun souci. Conduisez-moi au feu, mettezmoi sur le Hhin, là où sur trois hommes il n'en reviendrait que deux, je .'e ferai point de façon; mais, quant au reste, j'entends ne pas être gêné.

LE MARÉCHAL DES LOGIS. Eh bicu ! si VOUS uc désircz rien de plus, cela peut se trouver sous votre casaque...

PREMIER ciiASShUR. Auprès de Gustave, roi de Suède,

ce diable d'homme, c'était un tourment et une torture 1

Il avait fait de S')r camp une église. Le matin et ;e soir,

au réveil et à la retraite, il fallait prier, etquanii uou^

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