III. a
14 lf: camp de wallenstk in.
étions un peu en train, il nous prêchait lui-même du haut de son cheval.
LE MARÉCHAL DES LOGIS. Oui^ c'était un homme craignant Dieu.
PREMIER CHASSEUR. Lcs fillcs, il n'en tolérait pas une ; il les faisait conduire immédiatement à l'église. Je n'ai pu supporter cela, et je l'ai quitté.
LE MARÉCHAL DES LOGIS Maintenant, cela va bien autrement.
PREMIER CHASSEUR. Je m'en allai rejoindre les confédérés ; ils se préparaient justement à attaquer Magdebourg. Ah ! c'était une autre affaire ! Le vin, le jeu, les filles en masse, tout allait joyeusement. En vérité, ce n'était pas une petite plaisanterie ; car Tilly s'entendait à commander, il n'était dur que pour lui-même. Quant aux soldats il leur laissait faire tout ce qu'ils voulaient, et pourvu qu'il n'en coûtât rien à sa cassette, sa devise était : Vivre et laisser vivre. Mais le bonheur ne lui resta pas fidèle ; à partir de la malheureuse affaire de Leipzig, la chance tourna contre nous, et nous n'obtînmes plus de succès nulle part. Quand nous paraissions et que nous frappions aux portes, les portes étaient fermées et on ne nous saluait pas. Il fallut se retirer de district en districi ; le respect qu'on avait autrefois pour nous avait disparu. Alors je m'enrôlai parmi les Saxons; je croyais travailler à mon bonheur.
LE MARÉCHAL DES LOGIS. Et VOUS arrivâtes à temps pour piller la Bohême.
PREMIER CHASSEUR. Cela alla mal pour moi. Il fallait suivre une discipline sévère : nous n'osions pas nous comporter tout à ftiit en ennemis. Nous gardions les châteaux de l'erapereur ; c'étaient des histoires et des compliments ; la guerre ressemblait à une plaisanterie. Nous ne faisions les choses qu'à demi, car nous ne voulions rompre entièrement avec personne. Bref, il y avait là peu d'honneur à gagner, et dans mon impa-