ACTE IV, SCENE VU. îlî
cours ! Pourquoi tant de colère contre voire empereur.
BUTTLER. Que Cette vïctoire ne VOUS doDoe pas trop d'esperauces; songez avec quelle rapidité tourne la roue de la fortune, et l'empereur est encore trop puissant.
ILLO. L'empereur a des soldats, mais pasun général, ca. le roi Ferdinand de Hongrie ne comprend })as la guerre. Galas ? II n'a point de bonheur et n'a fait jusqu'à présent que perdre des armées. Q^iantà ce serpent d'Octavio, il peut bien blesser Friediand par derrière, maisil ne pourrait lui résister en bataille rangée.
TERZKY. Croyez-moi, nous réussirons. La fortune n'abandonne pas le duc, et l'on sait que l'Autriche n'a jamais été victorieuse que par Wailenslein.
ILLO. Le prince aura bientôt réuni une grande armée; sa vieille renommée attire les troupes sous ses drapeaux. Je vois revenir les jours d'autrefois; il sera grand comme il l'a été. Ah ! comme ils seront confus, les insensés qui l'ont abandonnent distribuera des terres à ses amis et récompensera avec une magnificence impériale ceux qui l'auront lidèlemenl servi. Mais nous, nous obtiendrons avant tous les autres sa faveur. (A Gordon.) Alors il pensera à vous aussi ; il vous tirera de cette forteresse et fera briller votre fidélité dans un poste plus élevé.
GORDON. Je suis satisfait, je ne désire pas monter plus haut. Plus grande est l'élévation, plus profonde est la chute.
iLLO. Vous n'avez rien de plus à faire ici, car demain * les Suédois entrent dans la forteresse. Venez, Terzky, il est temps d'aller souper ; qu'en pensez-vous ? Faisons illuminer la ville en l'honneur des Suédois, et celui qui ne l'illuminera pas est un Espagnol et un traître.
TERZKY. Non pas, cela ne plairait pas au duc.
ILLO. Quoi ! nous sommes les maîtres ici, et personne ûe doit se déclarer Autrichien dans le lieu où nous
sommes maîtres. — Adieu, Gordon ; je vous recommande lu place pour la dernière fois. Envoyez des patrouilles. Pour plus de sûreté, on peut encore changtr le mot d'ordre. Au coup de dix heures, vous apporterez les clefs au duc lui-même, alors vous serez quitte de vos fonctions de gouverneur; demain les Suédois entrent dans la forteresse.
TERZKY, à Buttler, en s'en allant. Vous viendrez au château ?
BUTTLER. J'y serai à temps.
[Ils sortent.)