‹ ThéâtreChapitre 234 sur 286 · III · texte numérisé non relu

III

WALTHER FURST. 0 mon ami! d'un coup d'oeil vous avez tout vu.

STAiîFFACHEK, Jamais pareille chose n'a existé dans Uri. De mémoire d'homme, il n'y a eu de prison ici et d'autre demeure durable que le tombeau.

WALTHER FDRST. Cette coustruction est le tombeau de la liberté; vous l'appelez par son nom.

STAUFFACHER. Maître Wallhcr Furst, je neveux point vous le dissimuler, ce n'est pas une curiosité oisive qui m'amène ici. Des pensées pénibles me préoccupent : j'ai laissé l'oppression dans mon canton, et je retrouve l'oppression ici. Ce que nous avons à soutTrir est tout à fciit insupportable, et l'on ne voit point de terme à cet état. Dès les temps les plus anciens, la Suisse a été libre; nous sommes habitués à être traités avec bonté. Depuis que les bergers parcourent ces montagnes, jamais on n'a rien vu de semblable à ce qui se passe.

WALTHER FURST. Oui, uue pareille conduite est sans exemple, et notre noble seigneur d'Atlinghausen, qui a vu encore les vieux temps, pense lui-môme que cela ne peut plus se supporter.

STAUFFACHER. Là-bas aussi, à Unterwald, cela va mal. On a exercé une vengeance sanglante : Wolfenschiessen, le bailli de l'empereur, qui demeurait sur le Rossberg, s'est abandonné à d'illégitimes désirs pour la femme de Baumgarten d'Alzellen ; il a voulu employer la violence, et son mari l'a tué avec sa bâche.

WALTHER FURST. Oh ! Ics jugements de Dieu sont justes... Baumgarten, dites-vous? un homme honnête et doux! Est-il parvenu à s'échapper et à se cacher?

STAUFFACHER. Votrc gcndrc l'a fait passer de l'autre côté du lac, et je le tiens caché chez moi à Stenein. Cet homme m'a appris quelque chose de plus affreux qiù s'est passé à Sarnen ; le cœur de tout honnête homme doit en saigner.

WALTHER FURST. Ditcs, que s'est-il passé?

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