‹ ThéâtreChapitre 268 sur 286 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Une salle du château d'Attinghausen.

LE BARON, dans un fauteuil, mourant; WALTHER FURST, STAUFl^ACHER , MELCUTHAL et BAUM- GARTEN, empressés autour de lui, AYALTHER TELL, à genoux devant lui.

WALTHER FURST. C'en cst fait de lui ; il n'est plus.

STAUFFÂCHER. Il n'cst Cependant pas encore mort... Voyez, le poil de ses lèvres remue, son sommeil est tranquille et ses traits sont paisibles et riants. {Baurri' garten va vers la porte et parle à quelqu'un.)

WALTHER FURST, à Baumgarteu. Qui est-ce?

BAUMGARTEN. G'cst Votre fille Hedwige qui veut vous parler et voir son enfant. ( Walther Tell se lève )

"WALTHER FURST. Puis-jc la consoler? Ai-jc moi-même une consolation? Toutes les douleurs s'amassent sur ma tête.

«18 GL'ILLAUMK TELL.

UEDWiGE, entrant. Où est mon enfant? Laissez-moi, je veux le voir.

STAi'FFACiiER. Rcrneltez-voiis, songez que vous êtes dans la maison de la mort.

iiEDWJGE se précipite vers l'enfant. Mon AValther ! Oh I tu vis pour m.oi.

WALTiiER TELL, dans les bras de sa mère. Ma pauvre mère!

iiEDWfGE. Est-ce bien sûr? N'es-lu pas blessé? {Elle le regarde avec anxiété.) Est-il possible? A-t-il pu tirer sur toi? Comment l'a-t-il pu? Oh! il n'a point de cœur... Lancer une flèche sur la têle de son propre enfant!

WALTHER FURST. Il Ta fait avec angoisse, avec une douleur qui lui déchirait l'âme; il l'a fait forcément, car il y allait de la vie.

iiEDwiGE. Oh ! s'il avait eu un cœur de père, avant de s'y résoudre il serait mort mille fois,

STAUFFAcnER. Yous devriez louer la providence de Dieu qui a si bien conduit son bras. -

HEDWiGE. Puis-je oublier ce qui aurait pu arriver? Dieu du ciel! quand je vivrais quatre-vingts ans, je vois toujours cet enfant enchaîné, son père qui tire sur lui, et toujours ce trait me traverse le cœur.

MELciiTHAL. Si VOUS savicz comme le gouverneur l'a irrité !

HEDWiGE. 0 cœur insensible des hommes 1 Quand leur orgueil est blessé, ils ne connaissent plus rien ; dans leur colère aveugle, ils jouent la tète d'un enfant et le cœur d'une mère.

BALMGARTES. Le sort de votre mari n'est-il déjà pas assez cruel? Pourquoi y ajouter encore l'amertume de vos reproches? N'avez-vous point pitié de ses souffrances?

HEDWIGE se j^efoiirne vers lui et le tr garde futcment. Et loi^ n'as-tu que des larmes pour le malheur de ton ami? Où éliez vous, quand on a chargé de liens le

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