ACTE IV, SCE.NE H. t2i
a été bien gardé, quoique plusieurs centaines de personnes le sachent. Le sol est miné sous les pas des tyrans ; les jours de leur règne sont comptés, et bientôt on n'en trouvera môme plus les vestiges.
ATTiNGiiAUSEN. Mais Ics fortcresscs de la contrée ?
MELcuTHAL. Elles tomberont toutes le môme jour.
ATTiNGHAUSEN. Lcs nobles ont-ils pris part à cette alliance?
STAUFFACHER. Nous comptous, s'il le faut, sur leur secours; jusqu'à présent, les paysans seuls ont fait serment.
ATTINGHAUSEN. sc lève lentement et avec une grnnde surprise. Les paysans ont osé entreprendre une telle chose eux-mêmes et sanslesecoursdes nobles ! se fient-ils tant à leurs propres forces? Alors on n'a plus besoin de nous, et nous pouvons sans regret descendre dans le tombeau; notre temps est fini.Ladignilé de l'homme se maintiendra par un autre pouvoir. (// passe ses mains sur la tête de l'enfant, qui est à genoux devant lui.) Du moment où la pomme fut placée sur la tête de cet enfant, date une liberté nouvelle et meilleure. L'ancien ordre de choses est renversé, les temps sont changés, et une nouvelle ère fleurit sur les ruines.
STAUFFACHER. à Waltker Furst. Voyez comme son œil s'anime; ce n'est pas le rayon d'une nature expirante, c'est celui d'une vie nouvelle.
ATTINGHAUSEN. La noblcssc descend de ses anciens châteaux pour venir dans la ville prêter son serment . de bourgeoisie. Déjà rUechtIand, déjà la Thurgovie oct . commencé ; la noble ville de Berne élève sa tête souveraine ; Fribourg est l'asile assuré des hommes libres ; Zurich arme ses corporations et en fait une troupe guerrière ; la puissance des rois se brise au pied de ces murailles éternelles. [H prononce les paroles suivantes d'un ton prophétique et avec exaltation.) Je vois les princes et les nobles seigneurs, revêtus de leur noble .armure, s'avancer ici pour combattre un pauvre peuin. 36
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pie de bergers. On se livre des batailles à mort, etpius (l'un défilé est illustré par des victoires sanglantes. Le paysan se jette la poitrine nue, comme une victime volontaire, dans une forêt de lances; il l'entr'ouvre; la fleur de la noblesse tombe, et la liberté élève ses drapeaux victorieux. (// prend la main de Walther Furst etdeStauffacher.) Tenez-vous unis étroitement et toujours. Qu'aucune contrée ne soit étrangère à la liberté d'une autre contrée ; du haut de vos montagnes veillez à ce que les confédérés viennent à la hâte au secours des confédérés. Soyez unis, unis, toujours unis. (// retombe sur son fauteuil. Ses jnains inanimées tiennent encore celles de Furst et de Stauffacher, qui le regardent longtemps en silence, puis se retirent et se livrent à leur douleur. Pendant ce temps, les serviteurs du baron sont entrés. Ils s'approchent avec toutes les apparences d'un violent chagrin. Les uns s'agenouillent près de lui, d'autres versent des larmes sur ses mains. Pendant cette scène muette, la cloche du château sonne.)
RUDENZ entre à la hâte. Vit-il encore? Oh! dites-moi. pourra-t-il m'entendre?
"WALTHER FURST montre Attinghausen en détournant le visage. Vous êtes à présent notre seigneur et notre protecteur, et ce château a changé de maître.
RUDENZ regarde le corps de son oncle, et reste saisi d'une violente douleur. 0 Dieu ! mon repentir a été trop tardif. Que n'a-t-il pu vivre quelques instants de plus, pour voir le changement de mon cœur? J'ai méprisé sa noble voix quand il jouissait encore de la lumière. Maintenant il n'est plus; il nous a quittés pour toujours et il me laisse une grande dette à acquitter. Oh ! dites, est-il mort coirroucé contre moi?
TAUFFACUER. En mouraut, il a appris encore ce que vous avez fait, et il a béni le courage avec lequel vous avez parlé.
RUDENZ, à genoux devant le mort. Oui, restes sacrés de celui que j'aimais, corps inanimé, je le jure sur ce^