‹ ThéâtreChapitre 81 sur 286 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

lus Précédents; ILLO sort de la chambre du fond; il tient en main la coupe d'or, et il est fort animé par le vin. GQETZ et BUTTLER le suivent et essayent de le retenir.

iLLO. Que voulez-vous? Laissez-moi.

GOETZ et BLTTLEZt. Ne buvez pas davantage, lllo.

ILLO s'approche d'Octavio en buvant, et l'embrasse. Octavio, je boisa ta santé. Que toute colère soit noyée dans ce verre que nous allons vider ensemble. Je sais bien que tu ne m'as jamais aimé, et Dieu me punisse ! je ne t'ai pas aimé non plus. — Oublions le passé. — Je t'estime inflniment. (// l'embrasse de nouveau.) Je suis ton meilleur ami, et sachez que celui qui le traitera d'hypocrite aura affaire à moi.

TERZKY, le tirant à part. Es-tu fou ? Songe donc, lllo, où lu es.

ILLO, d'un air cordial. Que voulez-vous? ce sont tous de bons amis. (// parcourt le ceixle d'un air satisfait.) Il n'y a pas un coquin parmi nous, voilà ce qui me réjouit.

TERZKY, àButtler. Emmenez-le avec vous, je vous en prie, Buttler. [Buttler le conduit vers le buffet.)

ISOLANT, à Max, qui regarde immobile et distrait le papier. Sera-ce bientôt fini, camarade ? L'avez-vous assez étudié?

MAX, comme s'il sortait d'un songe. Que dois-je faire?

isoLANi et TERZKY, cn même temps. Écrire là votre nom. {Octavio attache sur son fils un regard inquiet.)

MAX rend le papier. Laissons cela jusqu'à demain. C'est une affaire. Aujourd'hui je suis mal disposé. Envoyez-moi cela demain.

TERZKY. Songez donc...

isoLANi. Allons, vite ! signez. Comment ! il est le plus jeune de la société, et il voudrait être plus prudent que

nous tous à la fois. Voyez donc, voyez, votre père et nous, nous avons tous signé.

TERZKY. Employez donc votre ascendant, persuadez-le.

OCTAvio. Mon fils est majeur.

ILLO, /josant le verre sur le buffet. Dp quoi parîe-t-on ?

TERZKY. Il refuse de signer le serment.

MAX. Je dis que je veux attendre jus({u'à demain.

ILLO. Cela ne peut se remettre. Nous avons tous signé, et toi aussi il faut que tu signes.

MAX. Illo, bonne nuit.

iLLO. Non, tu ne m'échapperas pas. Il faut que le prince connaisse ses amis. [Tous se rasseviliimt autour d'eux.)

MAX. Le prince sait quels sont mes sentiments pour lui ; tout le monde le sait aussi, et ces niaiseries sont inutiles.

ILLO. Voilà comme le prince est récompensé de la préférence qu'il a toujours eue pout les Italiens.

TER/.KY, dans le plus grand trouble, s'adresse aux cJief s en tumulte. C'est le vin qui parle par sa bouche. Ne l'écoulez pas, je vous en prie.

isoLANi, liant. Le vin n'invente rien, il ne fait que bavarder.

iL^" Celui qui n'est pas avec moi est contre moi. Quelle cu::5cience délicate ! Parce qu'on ne lui laisse pas une porte de derrière, une clause...

TERZKY, l'interrompant vivement. Il est dans le délire; ne faites pas attention à lui.

ILLO, criant plus fort. Une clause pour se sauver t Pour quoi cette clause ?.Que le diiiMc l'emporte !

MAX devient attentif, et regarde di- nnuceau le papier. Qu'y a-t-il donc ici de si dangereux ? Vous me donnez envie d'y regarder de plus près.

TERZKY, à part, à Illo. Que fais-lu, IlloV Tu nous perds.

TiEFENBACH, à Cololto. J'ai bien remarqué qu'avant îe repas on avait lu auU'eœent.

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