‹ ThéâtreChapitre 83 sur 286 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

OCTAVIO PICCOLOMINI; UN DOMESTIQUE Péclaire; m instant après, MAX PICCOLOMINI.

OCTAVIO. Dès que mon fils sera rentré, dites-lui que je veux le voir. Quelle heure est-il?

LE VALET DE CHAMBRE. Le jour va bientôt venir.

OCTAVIO. Posez là cette lumière. Nous ne nous coucherons pas. Vous pouvez aller dormir. {Le valet de chambre sort ; Octavio se promène pensif dans la chambre. Max Piccolomini entre ^ et regarde un instant son père en silence.)

MAX. Étes-vous irrité contre moi, mon père? Dieu sait que je n'ai pas eu tort dans cette odieuse querelle. J'ai bien vu que vous aviez signé... Ce qui est convenable pour vous doit l'être aussi pour moi. Mais, vous savez, dans de telles affaires je ne puis suivre que mes propres lumières et non pas celles d'autrui.

OCTAVIO va à lui et Vembrasse. Suis toujours tes lumières, mon cher fils; elles t'ont mieux guidé aujourd'hui que l'exemple de ton père.

MAX. Expliquez-vous clairement.

OCTAVIO. Je vais le faire. Après ce qui s'est passé cette nuit, il ne doit plus y avoir de secret entre nous. {Tous deux s'asseyent.) Max, dis-moi, que penses-tu de ce serment qu'on a présenté tantôt à noire signature?

MAX. Je le regarde sans danger, quoique je n'en aime pas la formule.

OCTAVIO. N'as-tu pas eu d'autre motif pour refuser d'y mettre ta signature?

Page 1