SCÈNE IV
WALLENSTEIN
WALLENSTEIN, se parlant à Ivi-même. Serait-il possible? Ne pourrais-je plus faire ce que je veux, revenir en arrière, si tel est mon plaisir? Faut-il que j'accomplisse un fait parce que j'y ai pensée parce que je n'ai pas éloigné de moi la tentation, parce que mou cœur s'est nourri de ces songes, parce que je me suis ménagé les moyens d'une exécution incertaine, parce que j'ai simplement, à toute occasion, tenu la route ouverte devant moi ? Dieu du ciel ! Mais ce n'était pas une pensée sérieuse, mais ce ne fut jamais un plan résolu ; l'idée en souriait à mon esprit, voilà tout. La liberté et le pouvoir avaient de l'attrait pour moi, était-ce donc un crime de me récréer par l'image d'une espérance royale? Ma volonté n'était-elle pas libre dans ma poitrine, et ne voyais-je pas près de moi la bonne route i )UJours ouverte pour le retour? Où donc me vcis-je tout à coup conduit? Toute route est fermée derrière moi, et mes propres œuvres ont élevé un mur dont l'enceinte m'interdit toute retraite. (// demeure profondément pensif.) Je parais coupable, et^ quelque effort que je fasse, je ne puis écarter le crime de moi ; car ma vie se montre sous un double aspect qui m'accuse, et le soupçon qui s'attache à moi empoisonnerait des actions innocentes provenant d'une source pure. Si j'étais ce que je parais être, traître, j'aurais conservé