‹ ThéâtreChapitre 203 sur 244 · SCÈNE II IRÈNE, GEORGET · texte numérisé non relu

SCÈNE II IRÈNE, GEORGET

(Il est en uniforme de chasseur d'Afrique. A son entrée, Trône se recule et part d'un grand éclat de rire. Georget fronce les sourcils.)

IRÈNE

Ecoule, je ne peux pas encore m'y habituer!... Ne rre gronde pas, je ne le fais pas exprès. Mais ils ont Tair de l'avoir déguisé, mon pauvre amour!...

GKORGET, vexé.

Tes plaisanteries tombent à pic!

IRÈNE, so jetant à son cou.

Pardon, pardoUj petit tré-or, je ne recommencerai plus. Je te jure que c'est la dernière fois... Je serai bien sage!... puisque je te le jure! Il n'y a pas de ma faute. Moi, je n'ai pas l'esprit militaire... Tu compcends, dans mon cœur, je te vois avec des grandes soies bleu pâle, comme un jeune seigneur de Van Dick... alors!...

GEORGET

Justement... je finirai par avoir l'air d'un mililaire d'opéra-comique, en conciliant les goûts d*^ ma maîtresse et ceux de ma patrie... 11 vient de recevoir un savon de son colonel, ton Van Dick... qui se porte bien !

IRÈNE

. ÎVon?... Pourquoi? Quel toupet!...

GEORGET

Il m'a dit que je dépassais la mesure, qu'il n'avait jamais vu un soldat se faire amener au quartier, en voi^ ture à deux chevaux.

IRÈNE, avec indignation.

Il voudrait peut-être que tu ailles à pied d'El-Biarl Vieille baderne I... Je connais justement la cousine du gouverneur qui est très en cour et je...

GEORGET, l'interrompant.

Oh! non, non I je t'en prie!., ne t'en mêle pas. Avec !a compréhension des choses militaires!.. Et puis le colon m'a encore dit qu'il savait que je jouais beaucoup dans les cercles et que ma maîtresse s'affichait trop avec moi.

IRÈNE

Il ne voudrait pourtant pas que je m'affiche avec un autre pour lui faire plaisir.

GEORGET

C'est ce que j'ai failli lui répondre. Il m'a encore dit que lorsqu'on portait un nom illustre comme le mien dans les fastes de l'armée, etc., etc..

Alors, qu'as-tu répondu?

GEORGET

J'ai répondu que, précisément, je me conduisais comme un fils de famille doit se conduire au régiment, et que si on voulait républicaniser l'armée, j'étais décidé à m'y opposer, en ce qui me concerne, dans la mesure de tous mes moyens.

IRÈNE

Alors, il t'a flanqué quinze jours de salle de police?

GEORGET

Non. 11 a souri. La politique m'avait sauvé encore une fois !... Du coup, j'ai offert prudemment à dînerau margi... je me suis sauvé aux liqueurs et me voilà...

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