SCENE xvm
ALFRED
Mais alors, mon cher monsieur, ma mort passe <1 Tétât de superfluité. Je ressuscite ! je vis ! (Chantant.) Je suis lui-même, le grand Alfred Ducamp!
MADAME PÉRARD
Dieu ! ( Elle s'évanouit.)
ALFRED
Madame !
Brigadier! prodiguez vos soins a Mme Pérard!
(A Alfred.) Quant à vous! n’essayez point de vous parer du nom de votre victime.
ALFRED
Mais voici mon passe-port! un peu mouillé', c’est vrai ?
LECOINCHEUX.
Les dépouilles de votre victime! (Ramassant un papier qui est tombé de la poche d'Alfred.) Et ce papier! il manquait au dossier! le complément de ses aveux. (Il rapproche les fragments et lit à voix basse.) Diable ! serait-il possible que vous fussiez le grand artiste?
ALFRED
Grand; c’est beaucoup dire, mais pour artiste, voilà. (Il esquisse au crayon une charge de Lecoincheux.)
L’ASSASSIN
LECOINCHEUX.
Je le garde , monsieur, trop heureux d’emporter ce souvenir d’une maison où ma présence, je le crains, sera désormais superflue.
madame pérard, lui tendant la main.
Nous sommes assez riches pour nous donner le luxe d’un ami.
lecoincheux , serrant la main d’Alfred.
Pardonnez-moi mes vivacités, monsieur : elles me coûtent assez cher. C’est égal, vous êtes bien heureux d’être tombé sur un magistrat français! Je connais plus d’un pays où la justice n’aurait pas l’esprit de reconnaître son tort.
FIN