SCÈNE XI
qdi s’appuient doucement l’une sur l’autre pour marcher plus sûrement dans le chemin du salut.
Pour marcher?... Oui , oui, en effet, c’est fort agréable.
FUCHS
Plus que vous ne pensez , monseigneur.
LE PRINCE
Vraiment?
FUCUS
Je l’ai entendu dire à des gens bien informés. D’ailleurs h? simple raisonnement peut vous donner un avant-goût des plaisirs qui vous attendent.
le prince, souriant.
Voyons un peu ?
FUCHS
Votre Altesse s’est déridée.
LE PRINCE
C’est pour mieux entendre ton raisonnement.
FUCHS
Suivez-moi bien, Monseigneur. Qu’est-ce que la femme ?
LE PRINCE
Ah 1
FUCHS
C’est une plante délicate ; un jeune arbuste tjui
L’ÉDUCATION D’UN PRINCE
a grandi dans l'ombre et le mystère. On lui donne un époux. Pourquoi ?
LE PRINCE
Oui!
FUCHS
Pour qu’il la protège contre l’intempérie des saisons ; qu’il l’abrite du soleil , qu’il la réchauffe au temps froid , qu’il écarte de son feuillage la dent vorace des troupeaux.
LE PBINCE.
Le feuillage de la princesse !
FUCHS
C’est une métaphore. Et j’ajoute en poursuivant mon raisonnement : si l’épouse est une jeune plante , si l’époux est le bon jardinier, rien ne saurait être plus doux que le mariage. D’une part la faiblesse , de l’autre la force. Ici, la confiance la plus absolue dans les soins du fort, là un légitime orgueil dans la protection du faible; des deux côtés l’allégresse la plus pure dans la récolte des fruits.
LE PRINCE
Quels fruits ?
Les enfants, monseigneur, si j’ose le dire.