‹ Théâtre impossibleChapitre 176 sur 201 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

les clefs de la politique française et abandonner l’avenir de mon pays à toutes les éventualités de l’inconnu! » L’opposition elle-même a applaudi. J’ai entendu un bravo qui partait de la gauche.... mais quoi ! vous pleurez?

léonie , s'essuyant les yeux.

Cane sera rien. Ah! monsieur le duc! que c’est beau, la gloire de la tribune! Et pourtant , il y en a une autre que je rêve aussi pour vous, je ne serai contente que le jour où vous aurez ajouté ce laurier à tous les vôtres !

LE DUC

Ambitieuse! je vous entends. La gloire du théâtre ! hé bien , réjouissez-vous , ma pièce est écrite. Je vous la lirai quand vous voudrez.

Je ne la connais encore que par le peu que vous in’en avez dit, mais j’en suis tout éblouie. Des événements de cette importance amenés par des moyens si simples ! l’erreur d'un garçon de bureau qui prend un cachet pour un autre; l’ambition d’un secrétaire d’ambassade qui veut obtenir l’aigle rouge de troisième ela;se ; la perlidie d’un chancelier de consulat envers son chef; une question de préséance; une légère violation de lois de l’étiquette dans un quadrille d'hon-

neur ! c’est admirable de simplicité. Et quand je songe aux effets puissants que vous avez su produire avec ce moyen-là! il y a donc une divinité qui vous inspire?

le duc.

Vous! Léonie, vous seule! je vous l’ai dit cent fois, et vous n’avez jamais voulu me crojre.

Vous êtes la muse de mon inspiration , la boussole de maligne politique, l’étoile radieuse de ma vie !

Je vous en prie , monsieur le duc, ne me parlez point ainsi ; ne me regardez point avec ces yeux-là ! ayez pitié de moi !

le duc , pressant.

De quel droit réclamez-vous une pitié que vous n’avez pas pour vos victimes?

Oh! non. Je n’ai jamais eu de pitié pour vous ! non, monsieur le duc, ce n’est pas de la pitié , c’est de l’admiration, c’est.... quelque chose de plus!

le duc , même jeu.

Avoue-le donc, enfant, que tu m’aimes! léonie , se lève.

J’aurais presque le droit de l’avouer ce soir puisque dema n j’entre au couvent.

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