SCÈNE III
LE DUC!
Montrez-moi donc un peu ce médaillon qui pend à votre bracelet !
Vous l’avez déjà vu. C’est un bijou anglais , très-commode parce qu’il renferme une clef d’acier doré. Ma tante a le pareil, nous rentrons chez nous sans attendre que nos gens aient bien voulu prendre la peine de s’éveiller.
LE DUC
Vous me confierez ce médaillon à la fin du bal si je vous marie aujourd’hui ?
léonie , après un moment de silence.
Oui
LE DUC
Je vous adore ! Il ne nous reste plus qu’à allumer notre lanterne et à chercher un homme.
léonie , lui prenant le bras.
Cherchons !
un valçt , au duc.
Monsieur le duc, le courrier de Saint-Pétersbourg est arrivé. • •
le duc.
Bien, j’y vais. (Le valet sort. A Léonie.) C'est une fatalité. 11 faut que j’aille déchiffrer cette correspondance. J’en aurai au moins pour une heure,
tout au moins. Excusez-moi ; attendez-moi , cherchez sans moi. L’important, c’est de trouver l’homme. Quant à la fortune, aux emplois, je m’en charge. Dieu ! que les affaires de l’Etat sont de sottes affaires! (Il salue, s’éloigne et revient.) Si vous avez quelque chose à me faire dire, envoyez hardiment. Qu’on vienne de votre part : mon cabinet sera toujours ouvert. ( Il sort. )