ACTE III, SCÈNE VII
MONOCORDE
Moi ! je ne savais rien....
GUILLERY
Raison de plus! Il n’y a pire indiscret que celui qui n’est pas dans le secret ! Et tu viens encore de me faire manquer les deux plus belles occasions ! • •
Moi !
GUILLERY
Tu ne pouvais pas m’avertir quand Isabeau !...
MONOCORDE
Mais je t’ai averti !
guillery, exaspéré.
Tu!... ( Plus calme.) C’est juste !... (Vivement.) Jamais je ne la retrouverai au point où elle était là!... Peut-être serait-il encore temps!... l’impression n’est pas effacée!... Demain elle me rira au nez..^. Il faut battre le fer.... Oui, c’est le seul moyen.... A l’escalade !
MONOCORDE
Escalader ! c’est défendu !
GUILLERY
Défendu aux voleurs, oui : aux amoureux, non. L’escalade est l’A B G de l’amour, et celui
GUILLERY
qui ne sait pas grimper à un balcon , n’est pas digne de baiser la main d’une femme !
C’est dit : escaladons !
GUILLERY
Comment ! escaladons ? aurais-tu la prétention de venir avec moi?
MONOCORDE
Non , mais tandis que tu escaladeras par ici , j’escaladerai par là.
GUILLERY
Toi !... Pourquoi faire?...
* MONOCORDE
Pour faire comme toi. Je veux être digne de baiser la main des belles femmes.
GUILLERY
L'idée est lumineuse ! il s’agit bien de toi !
MONOCORDE
Pourquoi pas? tu sais bien ce que tu m’as promis. Je ne suis pas ton nègre pour te servir gratis, et, puisque j’ai commencé, je te suivrai jusqu’au bout !
GUILLERY
Mais !...
MONOCORDE
J’apprends la grande guerre à ton école.