‹ Théâtre impossibleChapitre 91 sur 201 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

MADAME PÉRARD, JEAN caché , ALFRED.

madame pérard, mélancoliquement.

Le monde est un étrange pays. On suit machinalement une route battue, une ornière tracée. On rencontre à droite et à gauche quelques sentiers couverts où l’ombre et la fraîcheur vous appellent. Mais non : l’usage, les convenances, la régularité de l’ordre établi, tout nous défend d’entrer dans ces chemins de traverse. Et cependant le bonheur est peut-être au bout.

jean, entrouvrant la porte.

Ou’est-ce qu’elle fait donc là toute seule? Ah ! elle se gratte les yeux avec son mouchoir.

Alfred, en dehors.

Qu'on nous ferme la porte au nez ,

Nous entrerons par la fenêtre !

MADAME PÉRARD

Qu’est-ce encore? ( Elle se lève et marche lentement vers la fenêtre.)

jean, sortant de sa cachette.

Où diable est-il perché cet oiseau-là? Bon!

dans le noyer ! Décidément, c’est pour Madame et j’en ai assez vu. (Il veut traverser la scène, mais Mme Pérard se retourne, et il rentre dans sa cachette.)

MADAME PÉRARD

Non ! non ! je vous le défends ! vous allez vous tuer.

alfred, en dehors.

Donnez-moi la main, alors?

MADAME PÉRARD

Y songez-vous, monsieur?

ALFRED

Je ne songe même qu’à cela! En avant, à la grâce de Dieu! (Il entre par la fenêtre. Coup de feu au dehors.)

madame pérard, tombant sur une chaise.

Ah !

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