‹ Théâtre inéditChapitre 113 sur 246 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

JORGAN, UN DOMESTIQUE.

JORGAN, à un domestique.

Vous me préviendrez quand ma belle-sœur sera prête à partir. (Le domestique sort.) Quelle facilité cela me donne pour faire d'eux ce que je veux, d'être le mari! Un autre qui voudrait le rendre jaloux serait réduit à insinuer, à mentir, à épier des apparences qui ne se produiraient peut-être pas. Les apparences, moi le mari, je les crée lorsqu'il me plaît. J'ai pu la contraindre à lui manquer de parole, à faire le contraire de ce qu'elle venait de lui jurer. Maintenant il ne la croira plus jamais. Il expliquera contre elle tous les semblants. J'ai empoisonné sa pensée.

Elle est sortie ce matin. Au moment où ma belle-

sœur allait arriver. Il était donc bien nécessaire qu'elle sortît. Où est-elle allée? Chez lui. Elle a supposé qu'il n'était pas resté là-bas, que la colère l'avait fait accourir. Elle n'a pas voulu qu'il la crût coupable vingtquatre heures de plus. Elle est allée se justifier. L'at-elle persuadé? C'est possible. Si elle n'y a pas réussi tout de suite, s'il est demeuré furieux jusqu'à rompre, c'est une rupture d amoureux. Ça se raccommode le lendemain, et l'on n'en est que plus tendre.

Il me faudrait une rupture sans raccommodage possible. Un fait qui n'admît pas de justification, ni d'explication. — Mais quoi?

LE DOMESTIQUE, annonçant.

Monsieur Sergent.

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