‹ Théâtre inéditChapitre 201 sur 246 · ACTE SIXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE SIXIÈME

MAX

Un échange? Ah! pourquoi as-tu prononcé cette parole? Voici que je me rappelle Chabris, mon enfance, des choses qui m'étonnaient. Et le cri qui lui est échappé ici il y a deux mois. Et la dureté avec laquelle le duc m'a parlé! Un échange? Mais alors...

NOËL

Ne cherchez pas de ce côté !

MAX

Si j'ai été échangé, c'est donc avec Tiburce. Et Tiburce aussi a été assassiné. Ah! est-ce que celui qui vient de frapper le père aurait commencé par le fils?

NOËL, à Cécile.

Vous voyez quel père vous lui feriez.

Oh! j'entrevois des choses épouvantables. Ce que je suis serait le produit de deux crimes! Je devrais tout au meurtre! — Que crois-tu?

CÉCILE

Rien.

NOËL

Livrez-moi. Tout de suite. Conduisez-moi. Faitesmoi ce que je vous ai fait, liez-moi, voici mes mains. Ce qui vous a fait venir ces idées-là, c'est ce que j'ai dit tout à l'heure. C'était pour me sauver. J'avais peur. Ah! vous vous y êtes pris? Vous êtes le fils du duc. C'est moi qui l'ai assassiné. Je suis un scélérat. N'ayez aucune pitié. Livrez-moi.

508 NOKL.

Ml ! c'est ton père!

NOËL

Ce n'est pas vrai !

MA X

S'il est mon père, rien du mort ne m'appartient. Mon habit e?t un hab t volé. Mon nom est un nom volé. Je rendrai tout. Soit. Je n'aurai pas même de nom, car je ne serai plus Max Trajjn et je ne peux pas être Tiburce Bue.

CÉCILE

Nous nous resterons!

Et toi-même, ce serait un assassinat qui t'aurait donnée à moi. Il y aurait du sang à la main que je te tendrais, et notre mariage serait une complicité. Ce serait pour nous qu'on aurait tué, et nous consentirions, et nous en serions heureux! Non, loi-même, je ne puis te recevoir de ces mains-là. Est-ce mon père?

x^oËL.

Dites donc que non!

Hélas!

C'est bien. — Je regrette, monsieur, que vous ayez payé si cher ce que vous avez cru mon bonheur. Mais il m'est impossible de l'accepter. Adieu, Cécile.

CÉCILE

Pourquoi nous quitter?

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