‹ Théâtre inéditChapitre 203 sur 246 · LES MOTS, L'ENVIE, ÉLOI REQUIN · texte numérisé non relu

LES MOTS, L'ENVIE, ÉLOI REQUIN

FIAT LUX

Comment ! Vous vous mettez à deux contre un vieillard !

ÉLOI, à Despotisme.

Tu nous as attirés, lâche, en un traquenard.

FIA T LUX

Silence, drôle!

Éloi se tait avec terreur. A Despotisme.

Toi, dis-nous ce qui se passe.

DESPOTISME

On ne veut plus de moi sur terre.

FIAT LUX

Qui te chasse?

DESPOTISME

0 Fiat Lux! j'étais tranquille, et je songeais

Quel droit je pourrais bien reprendre à mes sujets,

Quand les coups de fusil ont tonné dans les rues,

Et soudain, assiégé de foules accourues.

J'ai vu sur les abus trop longtemps conservés

Un noir débordement d'hommes et de pavés

Monter avec fureur. Alors j'ai pris la fuite.

Le bon peuple, une fois vainqueur, m'a tenu quitte,

Hors ce couple, qui s'est à mes talons jeté,

La femme par fureur, et lui par lâcheté,

Car pendant le combat il était dans sa cave;

Mais, après le danger, il s'est senti très brave.

Despotisme se mêle aux autres mots et leur donne des poignées de main. FIAT LUX, (> Éloi.

Toi qui fixes sur moi ton regard hébété, Ton nom ?

Éloi Requin. Ce lâche a profité De ce qu'il était seul contre deux pour me faire M'acharner après lui. Moi, sûr de mon affaire, D'autant plus qu'il est vieux, je l'ai roué de coups. Et c'est comme cela qu'il m'a conduit chez vous. Puisqu'à votre courroux notre fougue nous livre, Punissez celle-ci, que je n'ai fait que .suivre, Pas moi! J'en jure ici par la crainte que j'ai. Si j'avais été seul je n'aurais pas bougé.

FIAT LUX

Pour le frapper, qu'as-tu contre lui?

ÉLOI

C'est mon maître.

Et de quel droit l'est-il? Pourquoi voit-on l'un naître

Page 1