ACTE TROISIÈME, SECONDE PARTIE
Je serais sûr de moi si, prenant en pitié
Un mallieureux toujours traqué comme une hyène,
La main d'un honnête homme un jour touchait la mienne!
Voici ma main.
Il prend la main du condamné et la serre. LE CONDAMNÉ.
Je suis sauvé.
l'envie, furieuse. Au Mot.
Tais-toi !
Au condamné.
Crois-tu Que nous soyons ici pour des prix de vertu? Si j'honore le mal, c'est afin qu'on le fasse. Reste mauvais, ou bien je ne te fais pas grâce. Si tu deviens heureux, resteras-tu mauvais?
le condamné.
Mais non.
l'envie. . . .. :
Ah çà! soyons sérieux, ou je vais L'être pour nous deux, moi! —Cette lame est pointue. Voyons, prends ce couteau, va dans la foule et tue.
LE CONDAMNÉ
Après qu'il m'a serré la main ! non !
l'envie.
Compagnon, Combien veux-tu d'argent? je t'en couvrirai!
LE CONDAMNÉ
Non.
l'envie.
Qu'on dresse l'échafaud! Ah! tu veux être honnête? Scélérat! Tu tuais au péril de ta tête, Et tu ne tueras pas pour te la conserver!
LE CONDAMNÉ
Jamais! je ne sais plus haïr.
l'envie.
Je dois rêver. Se peut-il qu'une telle absurdité s'obstine! Choisis de la richesse ou de la guillotine. Une dernière fois, rien ne peut m'attendrir, Fais ton choix. Tue ou meurs!
LE CONDAMNÉ
Je préfère mourir.
l'envie.
Soit. Arrêtez-le.