ACTE PREMIER
Philippe, si je prends la voiture; je reviens dans un moment. Venez-vous avec moi, Prosper?
PROSPER
Si vous m'en exprimez le désir et si Céline m'en octroie la permission.
CÉLINE
Je vous l'octroie.
PROSPER
Autorisé conjugalement, je vous suis.
JORGAN, à Jérôme.
Je reviens, et, si vous ne pouvez pas faire votre déménagement, on vous aidera. iii son avec Prosper.)
JÉRÔME, à l'enfant.
Jean, cours au château par la traverse, et préviens Madame, qui est si bonne. Tu la rencontreras peutêtre en route, c'est l'heure où elle vient d'habitude.
Jean s'en va par le bois et Jérùme rentre dans la maison.
SGEiNE II.
CÉLINE, PHILIPPE
CÉLINE
Vous n'en voudrez pas à M. Jorgan de ne pas vous avoir emmené?
PHILIPPE
Comment lui en voudrais-je de me laisser avec vous?
CÉLINE
Depuis tantôt que vous êtes avec moi, vous mériteriez bien une demi-heure de recréation.
rniLipPE.
Si ça me déplaisait d'être avec vous, pourquoi scrais-je venu?
CÉLINE
Pourquoi? Je vous le dirai un de ces jours. Mais vous avez bien le droit de ne pas vous plaire en ma compagnie — après mes torts envers vous.
PHILIPPE
Vos torts envers moi?...
CÉLINE
Je les reconnais. Il y a un an, lorsque les affaires de la maison Bréhal, dont vous êtes le commis principal, vous ont forcé de partir pour l'Algérie, vous me demandiez ma main, et je ne vous la refusais pas. Lorsque vous êtes revenu, j'étais mariée.
PHILIPPE
Naturellement. Vous consentiez à m'épouser quand vous n'aviez pas rencontré mieux qu'un commis...
CÉLINE
Oh! le premier commis d'une des premières maisons de banque de Paris.
PHILIPPE
Qui peut en être congédié demain.
CÉLINE
Il n'aurait tenu qu'à vous d'y être plus solide. Quand