‹ Theatre italien de M. de Florian (volume 2)Chapitre 42 sur 108 · LE MARQUIS, COLIN, COLETTE · texte numérisé non relu

LE MARQUIS, COLIN, COLETTE

COLETTE, accourant.

Ah ! mon frere, ils ont perdu tous leurs biens; vous l’ignorez, et j’accours pour vous empêcher d’insulter à leur infortune.

COLIN

Comment , ma sœur? Expliquezvous.

Leur malheur est déjà public : un procès les a dépouillés de toutes leurs richesses; ils sont réduits à la plus affreuse indigence.

LE MARQUIS

Oui; et je regrette peu tout ce que j’ai perdu : mon plus grand malheur, celui qui me touche le plus, c’est que

76 JEANNOTET COLIN, vous me croyiez coupable ; et j’ai trop d’intérêt à vous paroître innocent pour que j’ose me justifier.

COLETTE

Vous justifier ! Croyez- moi , épargnez - vous ce soin : on ne trompe qu’une fois celle qui ne méritoit pas d’être trompée. Mais vous êtes malheureux, je viens supplier mon frere de vous secourir. Oui, mon frere, il n’a offensé que moi ; il n’a manqué qu’à l’amour, l’amitié doit l’ignorer.

Tu serois cent fois plus coupable que luisi tul’abandonnois; car il me res toit mon frere , et que lui restera - 1- il? Sa maison est déjà déserte; toutlemonde le fuit Mon frere , tu seras son appui , tu le tireras de l’infortune ; et mon cœur te paiera de tes bienfaits , en ajoutant à ma tendresse pour toi toute celle quej’avois pour lui.

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