SCENE XII. 107 yous sentez bien qu’il faut que je m’en
aille Vous sentez bien — (Argentine
efïiayée s’éloigne ; il la prend par le bras et la ramené fortement k lui. ) N’ayez pas peur , je sais me posséder... Je ne suis plus votre mari , je suis votre ami , votre meilleur ami, et je vous parle comme un ami.... Je vous abhorre, je vous déteste , je vous méprise ; je ne peux plus soutenir votre vue; je ne peux plus vous regarder sans me dire : Voilà une femme qui en aimoitdeux, et qui leur faisoit croire qu’ils étoient un. Séparons-nous dès ce moment. Restez ici, gardez vos enfants ; je ne pourrois jamais les embrasser sans vous pleurer ; j’aime encore mieux renoncer à les embrasser. Gardez toutle bien, il vient de vous ; il me seroit odieux. Je n’ai besoin de rien , je ne vèux rien, je n’emporterai rien que mon cœur; et comme, si je vous parlois plus long-
ro8 LE BON MÉNAGE.
temps, je vous le laisserois peut-être," je vous quitte pour jamais.
argentine court après.
Mon ami...
ARLEQUIN la repousse.
Laissez -moi, je ne vous crois plus.