‹ Theatre italien de M. de FlorianChapitre 56 sur 113 · SCENE I. i39 vrir qui vous êtes, lui dire que vous l’aimez · texte numérisé non relu

SCENE I. i39 vrir qui vous êtes, lui dire que vous l’aimez

Oh ! jamais je n’oserai, Nérine...

Oh ! si la peur vous prend, tout est perdu. Mettez-vous donc bien dans la tête que, depuis que le monde est monde, il n’y a jamais eu d’homme étranglé par une femme, pour lui a- Vüir dit qu’il l’aimoit. De tous les tours qu’on peut nous jouer, c’est celui-là que nous pardonnons le plus aisément : je vous dis le secret du corps, moi; c’est à vous d’en profiter.

Mais...

NÉRINE

Mais j’en sais plus que vous , et votre bonheur m’est aussi cher que le mien ; car je ne sais pas pourquoi l’on s’intéresse toujours à ceux qui ne sont

i4o LE B ON PERE bons qu’à nous donner du chagrin ; croyez -moi , suivez mes avis , vous réussirez.

Je ne demande pas mieux : que fautil faire ?

Commencez par aller écrire à votre colonel , et demandez un mois de délai. Pendant ce temps , je me charge de vous faire expliquer vous et mademoiselle Nisida. (Cléante la regaide, et ne sort point. ) Allez doiic , ne perdez pas de temps : faut-il que ce soit moi qui écrive à votre colonel?

Comme tu es vive ! Attends un moment.. .

Il n’y a point à attendre, allez écrire; reposez-vous sur moi du reste, et reprenez cette gaieté charmante qui

SCENE I. 141 vous fait aimer de tout le monde. Songez que c’est aujourd’hui la fête de votre maîtresse ; occupez-vous du bouquet, du compliment que vous devez lui faire. Je veux bien me charger de tout ce que vous trouvez de difficile ; mais j’exige que vous soyez très aimable, parceque cela vous est fort aisé.

Je ne le serai jamais tant que toi , mais du moins je t’obéirai aveuglément.

(Il lui baise la main et sort. Arlequin paroît et voit Cléante baiser la main de Nérine. Arlequin doit être en habit de velours noir, veste de drap d’or , perruque à trois marteaux , culotte et masque d’Arlcquin. )

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