‹ Theatre italien de M. de FlorianChapitre 71 sur 113 · SCENE VIII. 167 mariage, tout ce que je possédé · texte numérisé non relu

SCENE VIII. 167 mariage, tout ce que je possédé

Et vous , mon pere?

ARLEQUIN

Oh ! moi , la plus sûre maniéré pour que je ne manque de rien , c’est que tu aies tout. D’ailleurs , tu me rendras service : car si tu veux que je te parle franchement, mon argent m’ennuie ; c’est toujours la même, chose, il faut passer sa vie à compter. Si l’on n’avoit pas quelquefois le plaisir de donner, cela seroit insupportable.

Mais êtes-voussûr , monsieur, que mademoiselle votre fille...

ARLEQUIN

Quant à toi , Nérine , je ne t’ai pas oubliée : j’ai remarqué depuis longtemps l’amitié qui régné entre Cléante et toi; j’ai profité de l’occasion pour faire votre bonheur à tous deux. Je

î6B LE BON PERE.

t’assure une dot fort honnête , et tu épouseras Ciéante le jour même du mariage de ma fille.

- J’épouserai monsieur Ciéante, moi!

ARLEQUIN

Oui; tu ne t’y attendois pas, n’estii pas vrai ? J’ai voulu vous surprendre, parceque les choses qu’on desire font cent fois plus de plaisir quand elles viennent sans qu’on y pense. Eh bien!.... vous voilà tous interdits....

Vous ne me remerciezseulemen t pas. . .

Qu’as-tu donc, Ciéante? Je ne t’ai jamais vu comme te voilà.

Il faut lui pardonner , monsieur ; c’est l’amour.... la joie.... Ce pauvre garçon ne s’attendoitpas à m’épouser si promptement.

ARLEQUIN

Ma chere Nisida , tu n’as pas l’air

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