‹ Theatre italien de M. de FlorianChapitre 81 sur 113 · SCENE XVI · texte numérisé non relu

SCENE XVI

Il m’a ordonné de quitter sa maison dès ce moment; il ma embrassé, m’a juré une éternelle amitié, et m’a défendu de reparoître ici.

Je n’y comprends rien. Et qu’allez- Yous faire?

Obéir, Nérine. Je n’y survivrai pas ; mais je partirai. Ah ! du moins, puisje compter que tu parleras quelquefois de moi à ta maîtresse? Tu connois mon. cœur, tü pourras lui répondre que jamais on ne l’aimera comme je l’aime ; tu lui raconteras tout ce que j’ai fait, tout ce que j’ai pensé , tout ce que j’ai souffert pour elle ; peut-être donnerat-elle quelques larmes à mon sort.

NÉRINE, pleurant.

Hélas ! que nous sommes malheureux! D’abord, vous pouvez compter sur moi jusqu’à la mort.

ï92 le bon PERE.

Tu es la seule dans le monde qui se soit intéressée à moi; un de mes plus grands malheurs , c’est de ne pouvoir reconnoître ton amitié : prends du moins ce diamant ; c’est le seul bien que m’a laissé ma mere, le seul dont je puis disposer; jamais il ne m’a été si cher que dans ce moment où je peux te l’offrir.

Eh! monsieur, je n’ai pas besoin de diamant, et j’ai besoin de vous voir heureux. Ne vous en allez pas ; dites qui vous êtes ; que risquez-vous? Tout est perdu, vous n’avez rien à ménager, c L é A N T E.

Si je me découvre, Nérine, crois-tu que Nisida et son pere me pardonnent de m’être introduit ici? ils m’accableront de leur colere., au lieu que j’emportepeut-êtreleurpitié. Cependant...;

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