‹ Theatre italien de M. de FlorianChapitre 9 sur 113 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

SC AFIN, seul.

Si nous n’avions pas le soin d’y mettre ordre, il n’y auroit que ces imbécilles-là d’heureux. On a bien raison de dire que la fortune n’est que pour les bêtes : j’ai mis cent fois à la loterie, jamais je n’ai pu attraper un lot; voici le premier. De quel bureau est-il?

(Il déplie le billet. ) Ah ciel ! je me suis trompé ; il faut être bien malheureux ! comment! je ne peux pas gagner à la loterie, même en volant les billets qui ont gagné! celui-ci n’est plus qu’une lettre. (Illit.) «Sois tranquille, mon « bon ami , ton rival ne doit te donner « aucune inquiétude. Je t’aime; mon « cœur est à toi pour toujours : tu au- « ras ma main quand tu voudras ».

3o LES DEUX BILLETS.

Voilà qui est clair : ce billet est d’Argentine. Ah ! il aura sa main quand il voudra ; cela n’est pas si sûr : je vais tirer parti de ma gaucherie; et puisque j’ai manqué le billet de loterie , je ferai valoir celui-ci. ( Il frappe à la porte d’Argentine.) Mademoiselle Argentine.

Page 1