Tome I
93 LE BON PERE
De mon régiment.
Mais contez-moi donc tout cela : ne suis-je plus votre confidente ? Avez-vous oublié que c’est moi seule qui vous ai fait entrer dans cette maison, que sans moi vous n’auriez jamais pu parler à mademoiselle Nisida ? Ce n’est pas pour vous reprocher mes bienfaits que je vous les rappelle ; mais puisque je n’ai rien négligé pour votre bonheur» j’ai le droit de partager vos peines.
J’ai toujours présent à ma mémoire, tout ce que tu fis poiy* moi. Sans ton amitié, sans ton adresse, je n’aurois pas revu Nisida depuis le jour où, pour la première fois, je l’apperçus à la promenade. Ce seul moment lui livra mon cœur. Tous mes efforts, toutes mes tentatives pour m’introduire ici furent inutiles : toi seule eus pitié de moi; tu daignas protéger cet amour si tendre , si pur , qui ne finira qu’avec mes jours ; tu fus la première à me travestir et à me présenter pour secrétaire à ton maître monsieur