‹ Théâtre italien (volume 2)Chapitre 54 sur 114 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

Arlequin. Depuis six mois je jouis'du bonheur inexprimable de vivre, de respirer auprès de celle que j’adore, de la voir tous les jours, de lui parler quelquefois. Elle ne se doute pas que je l’aime , et que que je suis digne de l’aimer: n’importe, j’étois heureux, je bénissois mon sort; une lettre que je reçois de mon colonel vient détruire cette illusion.

Que vous écrit ce colonel ?

Tu sais que depuis trois mois j’ai reçu l’ordre de retourner au régiment; je n’ai pu m’y résoudre : et mon colonel, qui s’intéresse véritablement à moi, a découvert, je ne sais comment, que j’étois dans la maison de monsieur Arlequin sur le pied d’un secrétaire, d’un domestique, tranchons le mot; et que j’oubliois tous mes devoirs pour un fol amour qui ne peut être heureux. Il vient de m’écrire, avec toute la sévérité d’un chef et toute la vivacité d’un ami , que si je n’ai pas rejoint dans huit jours , il fera nommer à ma compagnie.

Fa

i©9 LE BON PERE*

Eh bien ! qu’il y nomme. Votre com« pagnie la plus chere , c’est nous ; et votre premier colonel, c’est mademoiselle Nisi.da. Je ne m’y connois pas, moi; mais il me semble qu’il vaut bien autant être le mari d’une demoiselle jeune, charmante , riche , aimable , que d’être capitaine de cavalerie.

Tu parles toujours de mariage, Nérinc, et tu ne veux pas comprendre qu’il est presque impossible que j’épouse madeselle Nisida.

nérine.

La raison, s’il vous plaît ? On épouse tout le monde , excepté sa sœur.

Je te l’ai dite cent fois. Nisida est jeune , belle , aimable , fille unique d’un pere très-riche : et moi, militaire obscur sans fortune, presque sans nom, car le sort , qui m’a poursuivi dès le berceau, me défend d’oser porter le nom de mon pere; moi, destiné à vieillir dans un régiment, eu a trouver la mort à la guerre, j’ose aimer

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