SCENE î. rof
sans mademoiselle Nisida, ma foi, il faut rester ici plutôt que de mourir; il faut lui parler, lui découvrir qui vous êtes, lui dire que vous l’aimez...
Oh ! jamais je n oserai, Nérine. , .
Oh ! si la peur vous prend , tout estperdu. Mettez-vous donc bien dans la tête que, depuis que le monde est monde, il n’y a jamais eu d’homme étranglé par une femme , pour lui avoir dit qu’il l’aimoit. De tous les tours qu’on peut nous jouer, c’est celui-là que nous pardonnons le plus aisément : je vous dis le secret du corps, moi} c’est à vous d’en profiter.
Mais.
NÉRINE
Mais j’en sais plus que vous, et votre bonheur m’est aussi cher que le mien; car je ne sais pas pourquoi l’on s’intéresse tou*jours à ceux qui ne sont bons qu’à nous donner du chagrin : croyez-rpoi > suivez mes avis, vous réussirez,
104 LEBON P ERE
Je ne demande pas mieux : que faut-il faire ?
Commencez par aller écrire à votre colonel , et demandez un mois de délai. Pendant ce temps ^ je me charge de vous faire expliquer vous et mademoiselle Nisida.
( Cléante la regarde t et ne sort point . ) Allez donc , ne perdez pas de temps : faut-il que ce soit moi qui écrive à votre colonel?
CLÉANTE
Comme tu es vive! Attends un mo« ment...
Il n’y a point à attendre, allez écrire ; reposez-vous sur moi du reste, et reprenez cette gaieté charmante qui vous fait aimer de tout le monde. Songez que c’est aujourd’hui la fête de votre maîtresse ; occupez-vous du bouquet, du compliment que vous devez lui faire. Je veux bien me charger de tout ce que vous trouvez de difficile *, mais j’exige que vons soyez très-aimable , parce que cela vous est fort aisé.