SCENE IL ARLEQUIN, NÉRINE
ARLEQUIN
F o rt bien; je ne m’étonne plus, Nérine, si tu me fais si souvent l’éloge de Cléante.
NERINE.
Je vous assuré*, monsieur , que ce qui nous lie le plus monsieur Cléante et moi, c’est notre extrême attachement pour vous et pour mademoiselle votre fille.
ARLEQUIN
Je ne te demande pas ton secret : vous êtes libres tous deux, vous vous convenez » vous avez raison de vous aimer ; c’est une
io6 LE BON PERE.
des plus douces consolations de la vie. Où
est ma fille?
Elle est enfermée dans son cabinet; depuis quelque temps elle aime beaucoup àêtre seule.
ARLEQUIN
Il ne faut pas la déranger. Crois-tu qu’elle se doute de la petite fête que je lui prépare pour ce soir?
Je ne le crois pas, monsieur.
ARLEQUI N,
Nos musiciens viendront- ils?
Ils doivent être ici de bonne heure , et je les ferai cacher dans le petit salon , pour que mademoiselle Nisida ne puisse pas les voir.
C’est bien. L’important est que ma fille ne s’attende à rien ; et qu’en sortant de table , elle trouve le salon tout en fleurs , tout en lumières, avec une musique terrible, et son nom écrit par-tout en guirlandes. Ensuite les marchànds entreront , et tu auras soin de faire porter dans la chambre de Ni-