‹ Théâtre italien (volume 2)Chapitre 70 sur 114 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

et jeune marquis d’Yrville, dont tout le monde dit du bien, que tu m’as souvent vanté toi-même, et qui te fait un peu la cour depuis quelques mois ?

Eh bien, mon pere?

ARLEQUIN

Eh bien I ma chere amie, je viens d’ar« rêter ton mariage avec lui.

CLÉANTE, à part.

O ciel î

Avec le marquis d’Yrville!

ARLEQUIN

Oui, mon enfant : j’ai eu de la peine à en venir à bout \ mais pour applanir les difficultés , je te donne , le jour du mariage , tout ce que je possédé,

Et vous, mon pere?

Oh ! moi, la plus sûre maniéré pour que je ne manque de rien, c’est que tu aies

ti6 LE BON PERE.

tout. D’ailleurs, tu me rendras service : car si tu veux que je te parle franchement j mon argent m’ennuie ; c’est toujours la même chose , il faut passer sa vie à compter. Si l’on n’avoit pas quelquefois le plaisir de donner, cela seroit insupportable.

Mais êtes-vous sûr, monsieur, que mademoiselle votre fille. . .

ARLEQUIN

Quant à toi , Nérine , je ne t’ai pas oubliée : î*ai remarqué depuis long-temps l’amitié qui régné entre Cléante et, toi; j’ai profité de l’occasion pour faire votre bonheur à tous deux. Je t’assure une dot fort honnête, et tu épouseras Cléante le jour même du mariage de ma fille.

NÉRINE

J’épouserai monsieur Cléante, moi!

ARLEQUIN

Oui; tu ne t’y attendois pas, n’est-il pas vrai? J’ai voulu vous surprendre, parce que les choses qu’on desire font cent fois plus de plaisir quand elles viennent sans

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