‹ Théâtre italienChapitre 94 sur 116 · ACTE I, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE III

* Parlez , daignez me rassurer ; v* Si vous n’étes qiPune bergefe ,

« Sans cesser de vous adorer ,

^ J’oserai prétendre à vous plaire.

Ma sœur , c’étoit le souverain Qui régné sur cette contrée.

Juge quel sera mon destin , à: de lui je suis adorée.

VERMEILLE

Pi! vérité , ma soeur, je ne peux rien comprendre A ce bonheur que tu semblés attendre.

Je te l’ai dit; celui qui me parloit ainsi Est le prince qui régné ici.

^Songe donc qu’il m’adore, et que je peux prétendra A partager son trône en acceptant sa main.

VERMEI L L E.

Toi ma sœur ?

Sevoit-il le premier souverain Epris d’une simple bergere ?

Epouser ce qp’on aime , est-ce un effort si grand ? L’amour ne connoît point de rang :

Le plusbeau titre c’est de plaire.

VERMEILLE

Mais Colin. . . »

BLANCHE

Je saurai le combler de bienfaits; Malgré tousses défauts, malgré sa jalousie.

Je l’aime , et je ferai le bonheur de sa vie ,

En le rendant riche à jamais.

VERMEILLE

Tu t’abuses , ma sœur ; rien ne nous dédommage De la perte d’un cœur qu’on a cru posséder. Pardon , si j’ose te gronder ;

Mais tu devrois faire un voyage Chez cette fée aimable et sage ,

Qui prit soin de nous élever ,

Bien mieux qu’il ne convient â de simples bergères.

Tu sais depuis long-temps que nous lui sommes ' cheres ,

Allons la voir.

BLANCHE

Crois-tu qu’elle daigne approuver Que je quitte les champs pour aller à la ville? . . , Tu ne me réponds pas... Mais toi-même , à la fin , Donne-moi ton avis.

VERMEILLE

Il seroit inutile ;

Je pense là dessus comme feroit Colin.

BLANCHE

Le voici : je crains sa solere ,

Laisse -moi l’éviter.

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