ASSEOIE, JOSSELIN, LÉLIE, BERTRAND
LELIE, toujours fort transporti;.
Oui, mon père, il est impossible que vous me refusiez quand vous les aurez vus. Venez seulement. . . ■ Où soutils ? Qu'en avez-vous lait , monsieur Josselia ?
JOSSELIN
Que veut-il dire ?
Je ne sais ce qu'il me vient conter.
LELIE.
Que sont-ils devenus , Bertrand ?
iG-y LA COUPE ENCHANTÉE.
BERTRAND
A qui en veut-il donc ?
Répondez-moi , monsieur Josselin" , ou , malgré la présence de mon père
JOSSELIN
Doucement, petit drôle!... Sur quelle herbe a-t-il Xnarché ?
L É L I E , à 1!ertiaiic].
Éclaircis-moi de ce que je veux savoii , coquin !
BERTRAND
Haie! liaïe! vous m'étranglez.... Est-il devenu fou?
lÉllE.
At, mon p^re ! commandez qu'on me les fasse retrouver, ou j en mourrai de désespoir.
ANSEIME.
Quci! qu'y a-t-11? que veux-tu qu'on te rende? Ti! voilà bien échaufîe !
LÉ LIE
Clierchons par-tout. Si je ne les retrouve , je sais bien à qui je m'en prenarai.
F.'i ! attendez, attendez. Ce ne sont pas des moiueauï que vous cbcrcliez .'
LÉLIE
]Son , tra'tre ! ce ne sont pas des moineaux.
BERTRAND
Eli bien ! morj^ué , quoi que ce puisse être , allons les clierclier iious deux. IM'est avis que j'ai entendu quelque
cllOse de ce cOtc-là. (liremiuùuc justeuicatoùcUei ne soat pat.)
LELIZ.
Courons-y , mon pauvre Bertrand I ne me quitte pas.... Monsieur Josselin , malheur à vous si je ne les retrouve!
scè:ne XVI.
ANSELME, JOSSELIX
JOSSELIN
Des menaces 1 Vous voyez comme U perd le respect.
ASSELME.
Qu'on l'anête.
J0SSELI5.
îfon, non : il vaut mieux qu'en courant il aille dissiper ces vapeurs qui lui troublent rimagiiiation.
A !y s EL ME.
I\Iais je crois qu'en effet il est devenu fou : quel galimatias m'a-t-il fait ?
JOSSELI5.
C'est justement une suite de ce que je disois tantôt. Ce sont des idées qui lui passent par la cervelle, et je jurerois que ce sont des idées de femmes.
Des ide'es de femmes I Vous vous moquez, monsirur Jos- §elin I Peut-on avoir des idues de ce qu'on n'a jamais vu ?
JOSSELIN
Belles merveilles ! Eh ! ne vous est-il jamais arrivé de faire des songes?
ASSELME.
Oui.
JOssEii:».
Et de voir en doimaut des choses que vous n'aviez
jamais vues , et que vous ne vous seriez jamais imaginées si vous n'aviez domii ?
ANSELME
D'accord ;" mais ce petit garçon-là ne dort point.
JOSSEI.IS.
î»on, vraiment; au contraire, je ne l'ai jamais vu fi éveille'.
Eb bien ?
JOSSELIN
Eh bien I il rêve tout éveillé ; et c'est justement ce qui est cause qu'il fait des contes à dormir debout.
ANSELME
IMais pourquoi lui vient- il des idées de femmes pluti/i que d'autres ?
C'est que ces animaux-là se fourrent partout , malgré qu'on en ait.
ANSELME
Cela seroit bien horrible, que toutes mes précautions fussent inutiles.
JOSSELIN
Elles le seront à coup sûr ; et des à présent je vous en donne ma parole.
Il n'importe ; et si je ne puis lui cacher absolument qu il y ait des femmes, il ne les connoîtra que pour les haïr mortellement.
Il ne les haïra poinu
ANSELME
Il les détestera, en apprenant ce qu'elles^Savent faire
Riais (ju'est ceci ?
JOSSEUN.
Eh ! c'est ce bon payçan qui vous amène ces deux personnes , pour faire l'essai de votre coupe.