ASTRÉE, HYLAS PHYLLIS
PHYLUS.
J'ai besoin , Hylas, de votre adresse.
Puisje compter sur vos semieuts ?
Vous me rendez des soins; mais ces empressements
Sont-ils des elTets de tendresse ?
Ou ne sont-ce qu'amusements?
Sans cesse vous allez de 1 ergcre en bergère ,
Jurant de sincères amours :
Zf'pliyre n'eut jamais d'ardeur si passagcre ;
288 ASTRE E
Eh I comment s'assurer qu'une ame si légère
Puisse ne l'ttre pas toujours ?
Quoi ! vous doutez si je vous aime !
Eh ! qui pourroit, Pl.yllis , vous voir sans vous aimer? Vous avez plus d'appas que n'en a l'Amour même, Des traits à tout ravir, des yeux à tout charmer,
Et vous doutez si je vous aime I
TH YLLIS.
Déclarer si bien son ardeur ,
Ce n'est pas ce qui nous engage :
Les vrais interprètes du cœur
Ne sont pas les traits du langage.
Ma sœur, j'ose aujolird hui te garantir sa foi. L'Amour ue rèservoit ce miracle qu'à toi.
Si je n'aime Pliyllis , que ce dieu me haïsse ! Qu'U me livre à des cœurs ennemis de ses traits ! Qu'à la fin mon bonheur dépende du caprice
D'une bergère sans attraits !
3'cn croirai vos seiments , si votre amour s'applique A m'inst-u're des feux d'Aruinte et d'un berger.
nYL AS.
West-ce pas Ccjladcn? La chose est si piJjlique, Qu'à de trop grauda efforts ce n'est pas m'engager.
11 vient , partez.
3e vole pù votre ordre m'appelle.