‹ ThéâtreChapitre 208 sur 220 · AI AS · texte numérisé non relu

AI AS

Je saurai m'cxrepter de cette obsrure vie ,

Et veux vaincre ou mourir aux champs de la Plirygie :

Moi vivant , un berger ne sera point chez soi

Tranquille possesseur de l'épouse d'un roL

J'aurai des compagnons à punir cet outrage;

Vous verrez plus d un chef tenir même langage.

D'un même esprit que tous , seigneur, soyez porté :

.Nous nous sommes ligués contre cette cité ;

Si quelque Grec se plaint , qu'on remette la peine

A des temps où les dieux auront fait rendre Hélène.

Vous les aurez alors contre vos ennemis ;

El, si vous me mettez au rarg de vos amis,

Si vous trouvez qu'Ajax ait assez de vaillance.

Moi-même je vous veux aider dans la vengeance :

Aidez-nous dans ce siège , appuvez nos efforts.

Ces murs pris ou laissés , les miens et moi , pour lors

Nous vous servirons tous contre im prince coupable.

ACHILLE

Le fier Agamemnon n'est pas si redoutable : !Mon bras y suffira , comme il a cru le sien Capable de domter sans moi le mur troyen. Votre oflrc cependant , seigneur, doit me confondre.

Ce n'est pas encor \h comme il faut nous re'pondre. î>'ous vcrra-t-on venger un tel affront sans vous?

ACHILLE

Sans moi I qui touche-t-il qu'un malheureux e'poux ?

L'union n'étoit pas si grande en nos provinces

Que nous dussions tous suivre en esclaves ces princes.

AJ AX.

En esclaves ! nous , rois ! dites en compagnons.

La Fontaine. Théâtre. 32

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