APOLLON, MOMUS
APOLLON
Voici Tempe, cette vallée Dont on vante par-tout l'ombrage et les beautés ;
Et voilà les flots argentés
Qu'y fait couler le dieu Pënée.
Plus loin vers ces sommets mon empire s'e'tend. N'y veux-tu pas venir, Momus ? on nous attend.
MOMUS
Demeurons encore où nous sommes ;
Ai-je pu voir en un instant
Toutes les sottises des hommes ?
Par vos puissants efforts, invincible Apollon, Ou ne craint plus ici les fureurs de Python.
Les habitants de ces rivages , Devenus plus heureux, n'en seront pas plus sages, Le temps de la sottise est celui du bonheur.
Mais que dis-tu de ma victoire?
MOMUS
Elle vous a comble d honneur, Et rien n'é"ale votre sloire.