ACTE i
ensuite on se numlre assidu jjeiulaiit queliiue lemp<, et à peine conirnencent elli s à s'enllammer (|ue les diablesses d'idées de mariage leur viennent, et qu'elles vous font des proiiositioMs que je crains comme la peste!... Mais te voilà rêveur, Clavijo!
CLAVIJO
Non, je ne puis oublier comme j'ai abandonné Marie, comme je l'ai trompée... Appelle cela comme lu voudras...
CARLOS
Tu es admirable, en vérité ! mais il me semble (pie l'on ne vit qu'une fois dans ce monde; (pie celte vigueur d'esprit, celte force de conce[)tion, on ne les a qu'une fois; que celui qui ne les met pas à profit, celui qui n'en lire pas tout ce qu'il peut, est un insensé. Et se marier! se marier précisément à l'âge oii la vie prend un noble élan; se ré^i^mr à l'ennui d'une vie domestique ; senfei mer, lorsqu'on n esl pas encore à la moitié de sa course, que l'on n'a pas fait encore la moitié de ses conquêtes! Aimer celte jeune lille était une chose naturelle; lui promellre de l'épouser c'était une folie; mais lui tenir parole c'eût été le dernier degié du délire.
Vraiment, je ne comprends pas les hommes! Je l'aimais sincèrement; elle m'attirait, me retenait près d'elle, et quand j'étais à ses pieds, je lui jurais, je me jurais de ne changer jamais, d'être son époux aussitôt (jue je pourrais obtenir une charge, une position; et à présent...
CARLOS
Bon ! lorsque tu seras un homme fait, que (u auras atteint le but de tes désirs, il sera temps alors de i hercher à t'allier par un heureux mariage à une famille riche et considérée, pour couronner et afiérmir ton bonheur.
CLAVIJO
Elle est disparue, entièrement disparue de mon cœur, et si son infortune ne la Ftippelait quelquefois à mon souvenir... que l'on est inconstant!
CARLOS
Ce serait d'être constant qu'il faudrait s'étonner. Regarde
152 CLAVIJO
autour de toi, tout ne changc-t-il pas dans le monde? Pourquoi nos idées ne cliangeraieut-elles pas aussi? Soistranijuille elle n'est pas l;i pretnière fille abandonnée, ni la première qui s'en soit consolée. Si j'ai un conseil à te donner, il y a là vi»à-vis une jeune veuve...
CLAVIJO
Tu sais le cas que je fais des propositions de ce genre; un roman qni ne s'engage pas de Ini-nième est incapable de m'intéresser...
CARLOS
Quelle délicatesse!
CLAVFJO.
Laissons cela, et songe que pour le moment notre principal travail doit être de nous rendie nécessaires au nouveau ministre. 11 est fâcheux pour nous que Whal ait abandonné le gouvernement des Indes. Au reste, cela ne m'eifraye pas; il aura toujours du crédit, il est linlime ami de Grimaldi, et nous autres nous savons parlei" et faire notre cour.
CARLOS
Et de plus penser et agir à notre volonté.
CLAVIJO
C'est là le point essentiel dans le monde, (u sonne, un domestique entre.) Poitez Cette feuille à l'imprimerie.
CARLOS
Vous verra-t-on ce soir?
CLAVIJO
Je ne crois pas. Cependant si lu veux passer chez moi...
CARLOS
Je vomirais bien faire ce soir quelque partie de plaisir pour /l'égayer un peu. Toute cette après-dinée je serai encore occupé à écrire. Cela n'en finit point.
CLAVIJO
Que veux-lu? si nous ne travaillions pas pour tant de monde, nous ne laisserions pas tant de monde derrière noua
Uâ sortent.
ACTK I. 15:^