ACTI- II
CLAVIJO
Du roi.
BEAUMAKCHMS.
(( Reconnais qu'après avoir été reçu dans la maison de viadame Guilbert avec bonté... »
CIAVIJO.
Avec bonté.
BEADMARCHAIS.
« J'ai trompé mademoiselle de Beaumarchais, sa sœur, par des promesses de mariage mille fois répétées. » Avezvoiis écrit?
CLAVIJO
Monsieur !
BEAUMARCHAIS
Avez-vous quelque au Ire terme?
CLAVIJO
Je crois ..
BEAUMARCHAIS
J'ai trompé Eh! puisiiue vous l'avez fait, pourquoi ne
voudi iez-vous pas l'écrire?
« J'ai manqué à ma parole sans qii aucune faute ou faiblesse de sa part ait pu servir de prétexte ou d'excuse à mon manque de foi. »
CLAVIJO
Ensuite!
BEAUMARCHAIS
« Qu'au contraire, la conduite de cette demoiselle a toujours été pure, sans tache et digne du plusprofond respect. ))
CLAVIJO
Du plus profond respect.
BEAUMARCHAIS
« Je reconnais que par ma conduite, la légèreté de mes discours, et par l'interprétation qu'on y a pu donner, j'ai ouvertement outragé cette vertueuse demoiselle, à laquelle je demande pardon par écrit, quoique je me reconnaisse tout à fait indigne de V obtenir... (ciavijo s'arrête.) Écrivez, 1. 15
écrivez.. . « Lequel écrit f ai fait librement et de ma pleine volonté, avec promesse spéciale de faire à V offensée toute espèce de réparation ijuelle pourra désirer, si celle-ci ne lui convient pas. Madrid... »
CLAVJJO ^e lève. ()1 fail signe à ses domestiques de se retirer, et il donne sa déclaration à lîeaumurciiais,)
« Monsieur, je crois parler au plus oflen-é, mais au plus généreux des liommes. Vous allez me tenir pirole et différer votie vengeance. C'est dans celle vue, dans cette unique esj)érance que j'ai écrit celte réparation, à laquelle, sans cela, rien n'aurait pu me décider ; mais avant de me présenter devant votre sœur j'ai résolu décharger quelqu'un de plaider ma cause auprès d'elle ; et ce quelqu'un, c'est vous.
BEÂUUARCUÂIS.
« Je n'en ferai rien.
CLAVIJO
Au moins, vous lui direz le repentir amer que vous avez aperçu en moi. Je borne à cela toutes mes solli ilations, ne me refusez pas. Il me faudrait choisir quel(|ue autre médiateur moins éloquent que vous. » D'ailleur>, vous lui devez un récit lidèle. Dites-lui dans quelles dispositions vous m'avez trouvé.
BEAUMARCHAIS
Ami, cela je peux le faire, je vous le promets. Adieu.
CLAVIJO
Adieu.
Il Tcut prendre sa main, Beaumarchais la refuse. CLAVIJO s^eul.
Passer si inopinément d'un sort à un autre ! Est-ce un songe, une illusion? — Et cette déclaration, je n'aurais pas du la lui donner; — mais tout cela s'est passé si brusquement! comme un cou[) de foudre...
CARLOS entre.
Quelle visite as-tu donc leçue ce matin? toute la maison est en mouvement; qu'y a-t-il?
CLAVIJO
C'est le frère de Marie.
\(:TK II. !71
t.\i;l,os.
Je m'en suis douU'. i'.c ('oijiiin de vieux doiiicslK(iieqiii élaiL j.idis au service do. riiiill)ert, et fpii m'instruit maintenant de tout {■(' (|(ii se passe dans cette maison, sait depuis hier (ju'ils attendaient ce livre; mais il n'a pu me le dire (pie tout à l'heure. Il est venu ici?