‹ ThéâtreChapitre 120 sur 238 · I,AV1J · texte numérisé non relu

I,AV1J

Fais-niiti pouvoir, et je voudrai. Je ne suis pas capable île réllexioiis, lais cm pour moi

CAHLOS.

Eh bioii! il laut Jonnor d'abord un rciulez-vous à ce Fran(,ais dans un lieu tiers; eiisuilo, à la pointe de l'épée, lui redemander celte déclaration (pi'il l'a arrachée et que lu as siynée par iucon^éqaence.

CLAVIJO

Je l'ai déjà cette déclaration : il Ta déchirée et me l'a riiidue.

CARLOS

A merveille! à merveille! Comment! ce pas est déjà fait, et tu me laisses parltr définis >i lon*;temps? Alois cela ne sera pas long! Tu lui écriras tout tianipiiliement : Que tu ne juges pas à propos d'époux r sa >œur; (ju'il pounait en apprendre les r.isons s'il voulait avoir la boniéde se trouver cette nuit, accompagné d'un ami et pourvu d'armes de son choix, à tel ou tel endroit... puis lu signeras.

Allons, tout de suite, Clavijo, écris-moi celte lettre. Je serai ton second, et... il faut ijue le diable s'en mêle si... (Clavijo s'approche de son hecréiaire). Ecoute! un mot : en y faisant attention, nous serions bien fous de suivre ce projet. t]st-ce cpie des gens comme nous sont faits pour aller ris- • pier leur vie contre un aventurier qui veut se battre? et sa conduite, et son étal, tout cela ne mérite pas que nous le regardions comme notre égal. Écoute-moi donc : qu'en penses-tu? si j'intentais secrètement une plainte au criminel contre lui ; si je l'accusais d'être arrivé incognito k Madrid, de s'être fait annoncer chez toi ^ous un nom emprunté, et d'y être venu esi.orté d'un individu équivoque ; si j'^ disais que d'abord il a su gagner ta confiance par des paroles llalteuses, et que tout à coup il t'a attaqué, qu'il t'a forcé de lui signer nue déclaration, et qu'il est parti pour la

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rendre publicpie? Voilà ses projets rompus, et il apprendra ce

qu'il en coule pour venir troubler le repos d'un E>pdgnol.

CLAVIJO

Tu as raison.

CARLOS

Mais en atteinlant que cette affaire soit entamée, il pourrait fort liien nous jouer quelque tour de sa façr)n; il ne serait pas mai de le prévcnii-, el, sans autre forme de procès, de le faire enlever.

Je te connais, et je sais que tu serais homme à exécuter ce projet.

CARLOS

Cela t'étouiie? et que serait-ce donc si je n'étais pas capable de conduire une pareille misère, moi (|ui, depuis vingtcinq ans, vis avec toi et qui ai tant de lois es»uyé tes larmes? Donne-ujoi carte blanche, tu n'as rien à faire, rieu à écrire. Celui qui fait enfermer le frère donne assez à entendre par c^tte pantomime expressive, qu'il ne se souuie point du tout de la sœur.

cr.AviJo.

Non, Carlos; quoi qu'il en puisse arriver, non jamais, jamais je n'y consentirai. Beaumarchais est un homme honoidble, et je ne voudrais p is qu'il péiît dans l'horreur des cachots, parce qu'il défend une cause juste. Une autre proposition, Carlos, une autre proposition!

CARLOS

Bah! bah! quel enfantillage! nous ne le dévorerons pas; on eu prendra soin; et d'ailleurs ce n'est pas pour toujours. Quand il vtrra que c'est sérieux, sois sûr qu'd en rabattra bienlôt de ses colères tragiques; il s'en retourne fort calmé en France, et il te remercie encore si tu veux bien avoir la générosité de payer une pension à sa sœur. . . C'était peutêtre même là le seul but de son voyage.

CL \ vue.

Eh bien! j'y consens; mai> lyénage-le.

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