‹ ThéâtreChapitre 122 sur 238 · SOI'HIE · texte numérisé non relu

SOI'HIE

Tu n'as point ce reproche à te faire. Du moment oii Clavijo t'abandonna, rien ne lut plus capable de t'in>pirer de la joie.

(Marie re^:ircle tout à coup la porte avec effroi.) Qu*aS-tU douc? JIA!;IE toute saisie.

J'ai cru entendre anivtr quel(ju'un. Ah! mon pauvre cœur! il me leia mourir. Sopliie, mets la main là; sens comme il palpite pour une vaine Irayeur!

SOPHIE

Caline-loi, ma sœur! lu es bien pâle; je t'en prie, ma chère, calme-toi !

MARIE

J'ai là (elle porte la main sur son cœur) unC OppreSSIOU, UH

spasme! Ah! mou cœur me tuera!

SOPHIE

Ne te tourmente pas ainsi.

MARIE

Je suis trop sensible et trop malheureuse. Les chagrins et la joie ont épuisé ma vie iulorlunée. Je te l'avoue, ma joie est encore imparfaite ! je jouirai peu du bonheur qui m'attend dans les bras de Clavijo ; peut-être n'en jouirai-je jamais !

Ma sœur, ma seule amie. Tu fais ton propre tourment.

ilARIE.

Pourquoi veux-lu que je me fasse illusion?

SOPHIE

Tu es Jeune, dans l'âge du bonheur; tu peux tout espérer.

MARIE

L'espérance! ali! ce doux baume de la vie i anime souvenl mon âme! Dans mes tendres rêves, je revois les traits bienaimés de cet incomparable amant qui revient à mes pieds. U Sophie! qu'il est séduisant! depuis que je îie l'ai vu, il a... je ne sais comment exprimer ma pensée... il a développé tou-

ACTi: 1 V. I'l5

lv> CCS ;;i;iii(lis (|ii;ilili's (jlli ct;ilriil ;iiili l'Idi:, c;ic|ici'S >0lis le voile (le l;i iiioiii'slic. Il est devenu liomriic, cl il doil sentir au ioiul de son àinc, (jiioiqii'il soit snns orgneil et sans vanilé, qu'il est fail [)our régner sur Ions les.cœnrs VA cet homme selait à moi ! non, ma sœnr, je n'étais pas di^ne de lui, et aujoin'd'hni je le suis moins (juejiinais.

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