ACTE II
je m'éciiiais du fond du cœur: Père! laisse-nous notre bonheur : tii nous as rendus si lieureux!... Ce n'était pas ta volonté! (Ellfi lo.iihe un in-tant dans la rêverie, en sort promplement, el porte ses deux mains sur son cœur.) Non, Fernando, UOU, CC u'cst
point un reprodie !
Madame Sommer el Lucie entrent.
STELLA
Je te possède, aimable petite : tu es maintenant à moi. Madame, je vous remercie de la coniiance avec laquelle vous remettez ce tré-or entre mes mains. Petite tète décidée, âme bonne et franche : ma Lucie, voilà ce que j'ai déjà recoinm dans toi.
MADAME SOMMER
Vous sentez h prix de ce que je vous amène, de ce que je VOUS laisse.
STELLA, après une pause, pendant laquelle elle a considéré
madame Sommer.
Excusez-moi... l'on m'a raLonté voire histoire. Je sais que j'ai devant moi des personnes d'une bonne famille; mais votre présence me surprend. Je ressens pour vous, au premier coup d'oeil, et de la confiance et du respect.
MADAME SOMMER
Madame...
STELLA
Ne VOUS défendez point! Ce que mon cœur éprouve, ma bouche l'exprime volontiers. Mais vous n'êtes pas bien... qu'avez-vous donc? asseyez-vous.
MADAME SOMMER
Ce n'est rien, madame. Ce voyage par les premiers beaux jours, le changement d'objets, cet air pur et vivifiant qui m'a tant de fois ranimée, tout cela réuni vient d'agir si doucement, si favorablement sur moi, que le souvenir de mon bonheur perdu me devient lui-même agréable; qu'il me semble qu'un reflet de cet âge d'or de la jeunesse et de l'amour vient illuminer mon âme.
STELLA
Ah! oui, les jours, les premiers jours de l'amour! Non,
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lu n'es point retourné pour jamais au ciel, âgecror; ton souvenir enviroiuie encore le cœur même dans les moments où lun éclat pâlit.
BIAIUME SOMMER, lui prenant les mains.
Quelle àmel quel charme!
STELLA
Votre visage resplendit comme celui d'un ange : vos joues se colorent.
MADAME SOMMER
El mon cœur! ah! comme il s'élève! comme il s'élance audevanl de vous!
STELLA
Vous avez aimé? ô Dieu ! je te remercie! il est donc une créature qui peut m'cnleiidro, qui peut avoir pitié de moi, qui ne reg.udera point froidement mes douleurs! Ce n'est j)as notre faute, si nous sommes ainsi! Que n'ai-je pas fait? que n'ai-je pas tenté? et à quoi cela m'a-t-il servi? Mon cœur demandait une seule clio-e, précisément celle-là, et non point nu monde, rien de plus dans le monde! ah! Tohjet aimé e^t partout, el tout est fait pour lui.
MADAME SOMMER
Vous portez le ciel dans le cœur.
STELLA
Avant même que j'y songeasse, son image était là; elle me suivait partout, elle m'environnait sans cesse : il s'élançait à travers champs, et venait se jeter dans mes bras à la porté du jardin. Je le voyais partir, s'éloigner... s'éloigner... et bientôt il était de retour. Que je vinsse à porter mes pensées dans le tumulte du monde, je l'y trouvais. Quand j'étais assise dans ma loge, que je le visse ou non, je savjis qu'il remaripiail le moindre de mes mouvements, que tout lui plai^ait en moi, ma manière de me lever, de m'asseoir; je savais que le balancement des plumes de ma coiffure le touchait plus que ces ;■ega^d^ brillants qui l'enlouraient... je savais que la musique ne faillit qu'accompagner cetle éleruelle mélodie de sou cœur ; « Stella, Stella, combien je l'aime! i