‹ ThéâtreChapitre 148 sur 238 · ACTE ni. 2i · texte numérisé non relu

ACTE ni. 2i

Al>! poiiKjiioi, |)()iir(nioi? noll^^ nous serions épar^nié tant de cluigiins! Siclla! nous lui aurions épargné celte douleur. Mais parlons- Je vais lui diie que vous tenez à votre idée, (pie rous éles déterminées à vous éloigner, que vous ne voulez pas raltii>ter de vos adieux... que vous parlez. Et toi, Lucie, vile à la poste! lais atteler une cliai.>e à trois places. Mon domestique cmpaquctera mou bagage avec le vôtre... Demeure encore, ma bonne, ma chère Icmme. El toi, ma fille, cpiand tout sera prêt, reviens, va dans le salon du jardin et atlendsmoi. -le la (luilterai, je lui dirai que je vous accompagne à la poste, pour veillera voire dé[)art, pour payer les chevaux... Pauvre àme! je me sers de la bonté pour te tromper, mais parlons !

CÉCILE

Partir! un seul mot de raison.

FERNANDO

Non, il le faut. Oui, ma chère, il faut partir.

Cécile et Lucie sortent.

FERNANDO, seul.

Quoi! je pars! et pour où? pour où! un coup de poignard terminerait toutes mes anxiétés, et me plongerait dans l'anéantissement pour lequel je voudrais lout donner aujourd'hui! En es- tu là, malheureux? Souviens-toi de c^s jours pleins de bonheur où tu relins l'infortuné qui voulait rejeter le fardeau de la vie ! Quels étaient tes sentiments dans ces jours heureux? et maintenant. . jours heureux... bien heureux ! que j'eusse fait cette découverte une heure plus tôt, et j'étais sauvé : je ne l'aurais pas revue; elle ne m'aurait pas revu; j'aurais pu me dire : « Depuis quatre ans elle a eu le temps de l'oublier; ses chagrins sont adoucis. » Mais maintenant, comment paraître devant elle? Que lui dire? 0 mes fautes, mes fautes... que vous pesez cruellement sur moi dans ce moment! Abandonner ces deux chères ciéatures! et moi, dans le moment où je les retrouve, renoncer à moimême... 0 misère! ô mon cœur!

240 STELLA

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