ACTE II 28S
SCÈiNE III
SOPHIE, entrant par la porte du fond avec une lumière; SCELLER. SŒLLER, dans l'alcôve, à part.
Une femme!... Diable! Knfer! c'est la mienne! — Que signifie cela?
SOPHIE
Je tremble d'une démarche si folle !
SŒLLF.R.
C'est elle, aussi vrai que c'est moi ! Cela ressemble à un rendez- vous? — Mais supposez que je me montre... Oui? alors le cou me démange déjà.
SOPHIE
Oui, suivez donc l'amour! Avec des formes flatteuses, il vous entraîne d'abord...
SCELLER
J'en deviendrai fou... et je n'ose.
SOPHIE
Et quand une fois on i[mVe la route, alors point de feu follet qui vous égare autant que celui-là.
SŒLLEP.
Oui, certes! Un marais te serait plus sain que cette chambre.
SOPHIE
Jusqu'ici, tout allait assez mal sans doute; mais chaque jour cela devient pire. Mon mari va trop loin aussi. Jusqu'ici le chagrin ne me manquait pas; maintenant il en a fait trop, je serais forcée de le haïr.
SŒLLER.
Toi, sorcière!
SOPHIE
Il a ma main... Mais Alceste possède mon cœur comme autrefois.
SŒLLER.
Ensorceler, composer des poisons, n'tst pas aussi détestable.
SOPHIE
Ce cœur qui brûle entièrement pour lui, qui apprit de lui pour la première fois ce qu'est laraour...
SŒLLER.
Damnation !
SOPHIE
Il était indifférent et froid, avant qu'A Iceste vînt l'éveiller.
SŒLLER.
Ah! maris, que n'êtes- vous tous une fois au confea» sionnal !
SOPHIE
Comme Akeste m'aimait !
SŒLI.ER.
Ah! maintenant, c'est passé!
SOPHIE
Comme je l'aimais lendierncnn
SŒLLF.R.
Bah ! c'étaient des enfantillages.
SOPHIE
Deslin, tu nous a séparés; et pour mes péchés il m*i fallu... quelle nécessite!... m'uiiir aune bête.
SŒLLER.
Moi, une bête!... Oui, certes, une bête, une bête à cornes.
SOPHIE
Que vois-je?
SŒLLER.
Quoi, madame?
SOPHIE
Le rat de cave de mon père! comment se trouve-t-il ici?.,. Pourtant, non?... Il me faut m'enfuir, peut-être nous espionne-t-il.
SŒLLER.
0 conscience, continue de la poursuivre I
Mais je ne conçois pas qu'il ait pu le perdre ici !