ACTE III
l'endanl la dcMniorfi cnK-ncc, romnic los inslrumcnls font durer trop lon;:lenips la rilomncllc, lo prince s':iscoil sur un Ii:inc de f;azon et s'emlorl. La miibii|ue, plusieurs fdis, lui donne le Ion pour qu'il reprenne et achève... mais il ne l)0uge pas, ce qui met l'orcliestre dans IVinljatrus; ( nlin, I» premier violon se voit obligé de terminer la cadence, et les in^lrumenu reprennent; on firme le berceau, la toile du milien s'abaisse et rcpré sente une antichambre.
FtlRIA et ses quatre filles d'honneur.
FÉIilA.
Il me semble que le prince se repose bien longtemps; mais il ne sera pas dit qu'un homme dans mon palais ait impunément dormi plus tard que l'aurore. Avez-vous vos crécelles et vos lamboiirins? nous allons lui faire un charivari qui saura bien chasser de ses yeux ce sommeil léthargicpje, notre rival déle>té...
Dan^e vive entre elles cinq, accompagnée de castagnettes et de cymliales. Par intervalles, 1 éria danse seule. Le colonel vient prier la princesse de ne pas troubler le repos du prince, tandis que les gai des seffoirtiil d'arrêter ses filles d'honneur. Le bruit augmente de plus belle. Enfin, la toi e du milieu se lève, et découvre la même détoraiion qu'au commencement de l'acte. Merkulo entre au même instant.
LE PPINCE s'élance de son banc de gazon, transporté de colère, et chante-
Oui, VOUS êtes des Furies, des Mtînades, — insensibles à l'amour! — insensibles à la douieur! — J'espérais me baigner dans les bras des Grâces, — et vous déchirez mon cœur! — mon cœur, mon cœur ! — vous déchirez mon pauvre cœur!
Pendant cet air, Féria, les filles d'honneur, les Gardes se retirent na à ua. U ne reste plus que le Prince et Heikulo.
MERKULO.
Mon prince, calmez vos sens !
LE PRINCE
Mon ami, quelle mortelle blessure!
MERRDLO.
Gracieux seigneur, ce n'était qu'un charivari I
LE PRINCE
Je veux partir, m'aller perdre à l'instant dans les solitudes de la forêt.
570 lE TRIOMPHE DE LA SENSIBILITÉ.
MF.RKULO.
Mais la princes-e, les dames que vont-elles penser?
LE IT.INCE.
No peuvent elles aiis-i peiis r à (pii elles onl affaire? Sans aucmi é^nn\ pour les (lansporfs sublimes (t divins de mon àuK', venir y porler le (rouble et leseJfioyablL'S cris de l'enier ! Hélas! songes dores du malin, oii êles-vcis? vous ai-je perdus pour jamais!
lIEr.RULO.
Elles ne pensaient poini à mal. Avant même le lever du soleil, 1 s jeunes demois-lles s'o(;cup:>.iit à préparer un déjeuner dins lo jarlin, et nous avons salué l'étoile du matin avec d'excellent vin de Chypre, et des saucisses grillées. On a ciaint que le (l(\jeuiicr se lefioidît et se gàlâl, et nousavons voulu jouir de votre agi éuble présence avecles premiers rayons du soleil levant!