JE!'. Y ET IJ.E PKLY
JEllY.
Vraiment, iVcro, c'éluil une folle idée; de la part d'un loldat, cela j.eiit [-asser.
THOMAS
Le priiicip.il (st i|ii'L'lle devienne ta femme, et alors peu importe cointiit'ni s'y l-^i pris le néijociatcur. Voilà le père qui vient : adieu pour un nioiuent.
Il sort.
LK rÈllE, arrivant.
Jery, quelle singulière alf lire est cela ! Dois-je appeler cela une bonne on une mauvaise fortune? Daetely n'est ()lus la même; elle rctonn.iit ton .mionr, elle t'eslime, elle l'aime, elle pleuie de t avoir rebuté; elle est émne; je ne l'avais jamais vue anisi.
jr.r.Y.
Pouvais-je m'attendre à une telle récompense?
LE PÈRE
Elle est confondne, elle se tient pensive près de l'àtre : elle songe au passé, à la m.niière dont elle s'est conduite envers toi ; elle songe à ce qu'elle te doit désormais. Va, réjouis-toi, je liage qn'elle prend en ce moment la résolution qui doit nous rendre heureux tons deux.
JERY.
Quoi! je devrais la posséder?
lE PÈRE.
Elle vient, je lui cède la place.
Il sort
B^ETELY, port;:i;tun vase et du linge.
J'ai tirdé longi-^nips, bien longtemps. — Viens, ne tardons pasilavantage; — viens, et donne-moi ta main.
JEuY, pend; ni qu'elle le pan-e.
Mon cœur — re>le confondu devant ta bonté. — Ah' que ce lieu me soulage!
IJiETELY, qui a fini de le panjcr.
Souiïre?-tu encore de la blessuie?
424 JERY ET B^TELY.
JERY.
Elle est tléja guérie; — depuis que les doigts l'ont touchée, — elle ne m'a plus fait souffrir.
BiETELY.
Parle, mais parle sans mystère, — et regarde-moi bien!
— Ne me trouves-tu pas odieuse? — Jery, ne m'épargne pas!
— Ce fut à moi que lu donnas ton cœur; — c'est moi qu'ici tu défendis si noblement; — et que de fois je t'ai méprisé,
— repoussé, blessé ! — Ton amour est-il éteint? — Ton cœur est-il changé? — Dis-le-moi, je le souffrirai, — je supporterai mon malheur sans me plaindre, — pourvu que tu sois heureux.
Les eaux murmurent, — les nuages passent, — mais les astres demeurent, — errent et reviennent : — il en est ainsi de l'amour — avec les cœurs fidèles : — il s'ai^ite, il
S'agile — et ne change pas. (ils se regardent l'un l'autre;
Baeteiy paraît indécise et émue.) Ange, tu m'appartiens; — Cependant redoute un premier mouvement ; — il en est encore temps. — On est aisément trompé — par l'élan de la bonté et de la reconnaissance.
BiETELY.
Non, je ne m'abuse pas; — ton amour, ton dévouement,
— rendent mon âme confuse. — Cher ami, je t'appartiens.
— Crois, crois à l'élan — de mon amour et de ma reconnaisgance !
JERT.
Attends, — crois-moi ; — ne te hâte pas : — ton visage charmant — me récompense assez déjà.
BiETELY, après une pause.
Peux-tu étendre ta main? — Dis -moi, Jery, te fait-elle encore mal ?
JERY, soulevant sa main droite.
Non, je puis la remuer.
B£TELY, en lui tendant la sienne.
Alors, Jery, doiine-la-moi.
JERY ET BiETELY. 42S
JERÎ.
Faut-il douter encore? — Faut-il me réjouir? — Seras» tu toujours à moi? — Ne le regrelteras-tu point? — Ne crains-tu pas le repentir?
BiETELY.
Crois-moi! crois-moi ! — Oui, je suis à toi!
JERT, éclatant.
Pour la yie je suis — à toi, sois à moi!
Ils s'embrassent.
ENSEMBLE
Amour, Amour, — tu nous as unis : — fais que dm dernières heures — soient aussi douces que la première.
LE PÈRE, survenant.
Ciel! qu*ai-je vu? — Dois-je croire?
JERY.
Dois-je espérer?
BiETELY.
Le permets-tu, — mon père ?
JERT.
Mon père !
LE PÈRE
Mes enfants !
ENSEMBLE
0 bonheur !
LE PÈRE
Mes enfants, vous me rendez — ma jeunesse,
B^TELY et JERY, s' agenouillant.
Bénissez-nous.
LE PÈRE
Je vous bénis.
ENSEMBLE
Bonheur et bénédiction.
THOMAS, arrivant.
Et moi, m'est-il permis — de me montrer ici?
BiTELY.
Quelle audace!
•425 JERY ET BJITELT.
JERT.
Quelle conduite !
LE PÈRE
Quelle arrogance !
THOMAS
Écoutez-moi : — c'est la faute du vin — si j*ai fait tout cela. — Faites venir les anciens du village — pour apprécier le dommage; — je payerai l'amende, — je payerai les frais.
— (Bas à Jerj.) Tu sais que pour mon courtage, — tu me dois douze doublons; — le dommage et les frais — ne monteront pas si haut. — (Haut à Bœieiy.) Gédez. — (Au père.) Écoutez-moi.
— (A Jery.) Parle pour moi.
JERY.
Allons, mes amis, — pardonnons à la folie, — et qu'en ce beau jour — chacun soit heureux. — Allons, pardonnons-lui.
BiETELT ET LE PÈRE, i Jery et i Thomas.
Tout est pardonné.
TOUS
0 jour d'allégresse !
On entend le son du cor dans le lointain. On voit apparaître de tous les côtés, (l'abord isolément, puis en foule, des pâtres qui se groupent sur les rochers.